ANGUS, MARIE, GALWIN, JOHN
ANGUS, ù Gahvin qui entre avec John.
Et toi, si par ton art Tu sauves mon enfant... Tiens! je te la confie! Gucris-Ia, tu pourras me demander la vie!
MARI c.
Mon père î
ANGUS
Que veux-tu ?
MARIE
Le Roi... Jacques... le voir!
ANGUS
Que me demandes-tu?
Père... votre devoir!
Ouvrez au Roi.
ANGUS
Qui! lui? qu'il franchisse ma porte, Cet homme-là par qui ma douce fille est morte... Que j'abaisse mon nom devant le sien! Qu'il soit Sous mon toit le seigneur qu'humblement on reçoit, Le Roi que le vassal reconnaît! Non! Dussé-je Voir les murs s'écrouler, je soutiendrai le siège; Je défendrai l'orgueil de mon nom jusqu'au bout! Non! jamais, moi vivant et mon château debout, Mes hommes ne crieront pour lui : « Levez la herse! » Si le Roi veut franchir mes remparts, qu'il les perce!
MARIE, lui ouvrant les bras.
Mon père !
ANGUS, se rapproclmnt d'elle.
Vivras-tu, si j'ouvre?... Si tu vis.
Je consens... Je veux bien faire ce que tu dis. Les enfants, il ne faut pas qu'on les contrarie; On les ferait mourir... Ma petite Marie, Si je m'abaisse ainsi, dis-moi que tu vivras!
MARIE
Mon père... je mourrai... doucement... dans vos bras... Donnez-moi votre main...
ANCUS
Ma fille, tu l'emportes!
Allant à la fettétre et d'une voix pleine d'angoisse. Au Roi, notre Seigneur et Maître, ouvrez les portes!
Je suis... heureuse!
ANCUS, à Galwin et à John,
Et vous, laissez-moi... laissez-nous.
Seuls... tous deux... Mon enfant! ma fille! à tes genoux, A tes pieds!...
// s'agenouille près d'elle. John et Gahvin s'éloignent au fond.
Souviens-toi... Non! la vie est horrible...
C'est moi... qui t'ai frappée... Est-ce que c'est possible?... Ne pense plus à rien... Oh! vivre, c'est hideux!... Tu vas mourir... Veux-tu que nous mourions tous deux?
// se frappe de son poignard.
Il n'est pas d'autre joie au monde que la mienne,
En ce moment. Pourquoi faut-il qu'on se souvienne?...
Tenir tes petits doigts ainsi, rien n'est plus doux!
SCÈ!PX.£ I^
Les Mêmes, JACQUES, BEATON, LES COMTES DE CARLISLE, DE GLENCAIRN, DE LENNOX, D'ARRAN, D'ARGYLE, LE SOLDAT, LE FOR- GERON, puis MADELEINE.
clameurs.
Le Roi!
JACQUES, entrant.
Marie!... Ah! Dieu!
Mylord, je meurs pour vous!
A voix basse, se soulevant dans les bras du Roi. Jacques, j'aurais voulu vivre!...
Elle s'affaisse.
JACQUES, V asseyant sur la clmse.
Morte !
MADELEINE, accourant.
Ma fille!
Elle s'approche, regarde Marie, puis recule.
Portez-la maintenant aux tombeaux de famille!
Ln'aut les deux bras comme pour maudire.
C'est votre fille au Cœur Sanglant, comte Douglas !
Secouée dans tout son corps par un grand frisson.
Adieu, Lady Marie !.. . Hélas!... Hélas!... Hélas!...
Elle tombe à la renverse, Beaton apporte au Roi les insignes royaux, Jacques prend la couronne et la pose sur le front de Marie morte.
Le Cilice