‹ Trois drames en versChapitre 96 sur 176 · I.C voilà · texte numérisé non relu

I.C voilà

();/ entend h musique des BoJk'niiens,

PARKHEAD, montrant Marie.

Maintenant, Sa Grâce...

Je le vois !

PARKHEAD.

Majesté... ce sommeil... la nuit... le bal... je dois... il faut dormir... dormir!... Voici bientôt l'aurore...

MARI E

11 m'a fait un salut de la main...

PARKHEAD.

Puis... encore?

}q ne me souviens plus... Puis?... c'est tout! Maintenant, Je n'ai plus rien à faire ici... C'est étonnant... Ce sommeil...

TABLEAU VIII, SCÈNE VI 28f

// ouvre la porte.

Angus va...

// cImuceUc et va tomber au de1x>rs. La musique des Boh'mkus 'a eu diminuant pendant toute la scène qui suit.

SCÈ^T^E VI

MARI E, avec un cri.

Sorti!... sans qu'on le voie!

Et mon père n'est pas avec eux... Quelle joie!... Enfin!... Jacques est libre et mon père est sauvé! Sauvés tous deux ! J'ai donc tout le bonheur rêvé ! Comme je suis heureuse!

Regardant encore.

Oui, la herse est baissée.

Il est libre!... La nuit sera bientôt passée... Leur marche maintenant se perd dans le lointain... Que d'étoiles au ciel!... C'est déjà le matin!... J'entends là-bas le chant tout joyeux de la grive... A peine un bruit de pas!... J'écoute... Rien n'arrive A mon oreille... Ils sont déjà loin... Tout se tait...

Elle fait un mouvement pour aller au prie-Dieu.

Que ce silence est doux! Quand la grive chantait. J'avais encore peur... Plus rien... Le bon silence! La belle nuit! Et puis, que tout à coup s'élance. Dans le premier rayon du jour, l'hymne guerrier,

Ce sera le retour... Ah ! je voudrais prier!... On a marché!

Fermant les rideaux.

Quelqu'un peut passer; s'il regarde, 11 croira que le Roi dort...

Elle éteint le flambeau. Descendant.

On change la garde, Peut-être ?. . . Non ! ... On vient. . . Ah ! c'est mon père !

SCÈU^E VII

ANGUS, MARIE; puis JOHN; puis SIR GEORGES.

ANCUS, s' arrêtant sur le seuil et écoutant.

II dort!

Il dort!... Tant mieux! Parkhead à la porte... ivre-mort... Je suis seul... Je n'aurai pas de témoins... Personne! Qu'est-ce qui brille là dans Tombrc? La couronne!... Il ne souffrira pas; il dort!... C'est un sommeil Plus long... meilleur peut-ctrc !... Oh! ce rayon vermeil Qui vient de la couronne à moi!... Ma chcre étoile, Tu brilles trop; je veux t'cteindre sous ce voile! Peut-ctre il me verrait à ta lueur! Qui sait? A ta clarté d'or pur, s'il me reconnaissait!... Éteins-toi, disparais! N'éclaire pas mon ombre!

// la couvre du nuiutcan rovai.

Je ne veux pas le voir! Si quelque rêve sombre Vient me hanter, un jour, du moins, mon œil hagard

N*aura pas vu Thorreur de son dernier regard... Je ne le verrai pas.

// bondit sur Je lit, le poignard à la main.

MARIE

Ah ! que Dieu lui pardonne!

ANGUS

Ah! malédiction! Il n*est pas là... Personne!... A cheval... Il a fui! Ces Bohémiens maudits L'emmènent... A cheval! à cheval! Ah! bandits, Je vous le reprendrai!...

MARIE

Mon Dieu! fais qu*il me voie!

ANGUS, apercevant Marie et s* arrêtant.

là^ là '

MARIE

Je n'entends pas le signal... Quelle joie, Si tout à coup... Mais non, rien encore...

ANGUS

Endormi En priant...

MARIE

Ah! j'ai cru sentir... et j'ai frémi!...

Jacques... Ah !...

Angus s'est jeté sur Marie, Va renversée en arrière, et la frapp: an cœur. Marie tombe en se caclxint le visage dans ses mains.

ANGUS

Pas un cri !

// recule lentement, les yeux fixés sur Marie.

Mort!... Déjà!

// jette son poignard.

MARIE, très bas.

Que je souffre î

ANC us.

De Tair! de Tair!... j'étouffe!...

// ouvre la fenêtre; le soleil entre dans la clmmhre. Respirant.

Ah ! j'étais dans un gouffre ; Je revois le soleil!... Mourir, c'est donc si prompt?

Ses regards rencontrent Us insignes royaux.

Ah! tu peux désormais, scintillant à mon front. Illuminer la nuit d'horreur qui m'environne, O mon étoile, ô mon soleil, ô ma couronne!

Il prend la couronne et va la placer sur sa tête. On entend dans Véloignement la marche des soldats du Roi,

MARIE

Sauve !

nUc Si' dikouvrc le visage.

ANGUS, la main sur la couronne.

Ce sont eux!... George avait raison... J'entends Les pibrocks. Ils viendront trop tard!... II n'est plus temps. Alerte! mes soldats! au pillage! au massacre! Alerte! Votre Roi, pour les fêtes du sacre, Vous donnera du vin, du feu, du sang, de l'or! Exterminez-les tous! Alerte!

// descend et aperçoit Marie qui s'est soulevée.

Pas encor Mort !

// saisit une hache et se précipite sur Marie pour la frapper.

MARIE, se détournant.

Mon père!

AN G us, la reconnaissant.

Marie!... Est-ce toi? Non! Marie?...

// reçoit Marie dans ses bras.

Dis que ce n'est pas toi! Dis, ma fille chérie!... Cela ne se peut pas que j'aie... Ohl non! non! non! Je rêve... Je suis sûr que ce n'est pas ton nom; Tu ne t'appelles pas Marie!... Oh! ta blessure... Je t'ai fait mal, dis-moi?...

MARIE

Mon père!

ANC us.

Je t'assure Que tu te trompes ! . . . non ! . . . Moi ! ton père ! ... Au secours !

JOHN, à la porte.

Mylord ? Mon Dieu !

ANCUS

Va, John! qu'on vienne vite! Cours!

John sçrt.

ANCUS, faisant asseoir Marie.

Oh! ce sang! Je voudrais!... Et ne pouvoir rien faire!... Alors, tu veux donc bien, dis, que je sois ton père? Maigre tout?... Tu veux bien toujours?...

MARIE

Père!

AN G US, avec des larmes.

Merci!..

Et c*est pour le sauver!... Elle est restée ici, A sa place... Ah! Je suis maudit!... Mon petit ange, Tu Taimais donc? Ma fille, il faut que je te venge, Vois-tu! puisque c'est tout ce que je puis pour toi.

SIR GEORGES, entrant.

L*armée est sous les murs et le héraut du Roi Nous demande l'entrée.

ANGUS, se redressant.

11 ose!... Qu'on l'assomme !

Sus aux soldats du Roi! Sus!... Je promets à l'homme Qui me rapportera la tète du Stuart De l'or plein son bonnet!

Sir Georges sort.

SCÈC^E VIII

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