‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 100 sur 181 · Papiers de Condé^ série O, t. I*', fol · texte numérisé non relu

Papiers de Condé^ série O, t. I*', fol

2. Histoire des princes de Condé^ par Mgr le duc d'Aumale, t. VI, p. 375.

3. Papiers de Condé, série O, t. 1% fol. 305. Cette lettre a été déjà publiée, t. VI, p. 671,1^/.

4. Le P . Jean Bonfrère était neveu du célèbre théologien et commentateur de la Bible, le P, Jacques Bonfrère. Il naquit à Dînant, en 1603, et mourut à Tournai, le 16 février 1681, dans la 78* année de son âge et la 54" de sa vie religieuse.

TROIS ANS A NAMUB. 171

de plus en plus réduits à mesure que la classe montait, ne dépassaient pas avec lui le chiffre de cinquante-deux élèves. M. le Duc chercha-t-îl à émonder sa latinité ? Ses rêves d'équitation brillante et la part très sincère et très vivement sentie qu'il prit de plus en plus aux événements de la guerre, durent plus d'une fois diviser son esprit et nuire à cetle unité de tension intellectuelle que réclament les bonnes études. Il était au courant même des projets d'intrigue. Un moment M. le Prince espéra, dans l'automne de 1655, opposer aux conquêtes de Turenne l'occupation de Péronne et de Ham. Il comptait sur la trahison du maréchal d'Hocquincourt, qui, au lieu de livrer les places, s'arrangea avec Mazarin. Henry-Jules ignorait le dénouement et avec une candeur charmante il écrivait à Lenet :

Vous ne pouviés pas me taire un plus grand plaisir que de m'envoyer la confirmation de la bonne nouvelle de Péronne. Je vous en remercie de tout mon cœur, et vous prie de me mander bien tost la prise du Cardinal Masarin, Je suis au désespoir de n'estre pas assés grand, et de n'avoir pas assés de forces pour assister Monsieur mon Père à le pousser ; mais je m'en fie bien à luy, il ne s'y espargnera point, je m'assure. Croyés^ je vous prie, qu'en mon particulier, je ne m'espargneray pas non plus, quand je vous pourray tesmoîgner que je suis tout à vous.

Pour Henry-Louis de Bourbon,

Adresse : Monsieur à Namur, 19 novembre 1655 '.

Lenet.

M. le Duc ne pouvait souhaiter plus naïvement premièrement le bien de son père et deuxièmement le mal de son parrain, ce Giulio Mazzarini dont il avait renié le nom.

La campagne de Tété suivant (1656) justifia mieux les espérances de Henry-Jules et sa foi dans le bon génie de son père. Condé prit, sous les murs de Valenciennes que Turenne assiégaît, sa revanche de la défaite devant Arras deux années plus tôt (1654). Don Juan d'Autriche venait de succéder à Léopold et Caracena remplaçait Fuensaldagna. Les Espagnols enfoncèrent, dans la nuit du 16 juillet, les lignes françaises ; le maréchal de La Ferté tomba entre les mains de Condé ; canons et équipages restèrent dans le camp. M. Le Prince, profitant de la victoire, s'empare, malgré une forte résistance, de la ville de Condé ( 1 7 août) et impose au défenseur de la place, M. du Passage, < une promenade dans le Luxembourg *. » Le petit Duc tenait bientôt de la bouche du vaincu lui-même le récit des succès remportés par les alliés. Il écrit à son correspondant fidèle :

Si je ne vous ay pas encore remercié des bonnes nouvelles que vous m'avés mandé, je ne laisse pas de vous en estre bien obligé et vous le seray encore si vous continués. J'ay leu avec beaucoup de joye ce que vous m'avés escrit de la capitulation de Condé, que j'ay trouvé assés avantageuse pour nous, et j'en ay vu passer la garnison par icy.

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