‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 102 sur 181 · Mss. de Lenet, ibid · texte numérisé non relu

Mss. de Lenet, ibid

4. Le P . Ignace de Rahier appartenait à une noble famille du pays de Stavelot ; il était fils de Gilles, seigneur de Rahier, et de Marguerite de Fraipont ; il naquit à Stavelot le 15 janvier 1631, et fut reçu dans la Compagnie de Jésus par le P. provincial Gilles de Namur d'Elzée au mois de septembre 1650; après avoir été longtemps professeur et prédicateur dans les collèges de la province Gallo-Belge, il mourut saintement à Mons le 18 décembre 1693.

5. Drama Remigiale (i655)edidit P. Joannes Bonfrère : Clodoaldum^ tragediam, seu Saint- Cloud^ cum duobus fratribus Theobaldo et Gontario caesis a patruis Clotario et Childeberto, regibus Gallise. — Drama (6 sept.) edidit : Peccatum belli et miseriarum omnium causam M . Ignatius de Rahier. Album collegii Namurcensis.

Enghien. II fut proclamé bon sixième en excellence et le Palmarès enregistra son nom avec une pompe inusitée ; il énuméra ses titres, celui de son livre et jusqu'au distique latin, adieu flatteur de ses maîtres. On souhaitait simplement au fils du grand Condé de surpasser son père, comme lui avait surpassé ses aïeux. En tête du volume in-folio choisi par une main délicate et intitulé De Gestis Francortim, œuvre de rhumaniste Paulus ^milius, la même main avait écrit :

Stirps Borbofiia^ Dux, fairice sis œmula laudisy Ulque hic vicit avûs, tu quoque vince patrem \

C'était une variante du Tu Manellus eris, le moins réalisé, dans le cours ordinaire des choses humaines, de tous ces oracles inspirés par la poésie.

Parmi ceux qui furent à bon droit fiers de féliciter M. le Duc, se trouvait son petit page, un cadet de Gascogne, Fabien- Henri Salanove *, qui remporta le neuvième prix d excellence en cinquième (rudimenta). Cela ne rappelle-t-il pas, de très loin, Conti et Molière élevés ensemble au collège de Clermont ?

Les études littéraires de M. le Duc étaient couronnées. Elles s'étaient poursuivies pendant trois ans à Namur avec une honnête médiocrité.

Etrange ironie des événements ! Trente-six ans après, lors du fameux siège de Namur par Louis XIV (1692), au pied de cette orgueilleuse citadelle qui dresse au confluent de la Sambre et de la Meuse ses « rocs sourcilleux :^ chantés par Boileau, devant cet éperon de collines boisées aux pentes rayées de murs gris et pittoresquement entrelacées, où M. le Duc dirigea plus d'une fois sans doute ses chevauchées d'écolier, en face de ces fortifications historiques longtemps regardées comme immortelles et qui demain, m'a-t-on assuré, vont être rasées pour faire place à un vulgaire jardin anglais, le 25 mai 1692, leducd'Enghien, devenu depuis 1686 prince de Condé, investira la place avec six à sept mille chevaux

1. Ordo promotionis publiée pronuntiatus, praemia distribuente P. Aloysio Montano, munificentia amplissimi Magistratus, 6 sept. 1656. In rhetorica ;

I'** — Guiglîelmus Badot, Namurcensis.

T>^/^ ffo/.«*«o^,»* / Guiglielmus Dupont, Namurcensis.

ProII^ccrtarunt | Martinus Godstfiaven, ex Hougardc

III"* — Henricus Beaucourt, Namurcensis.

IV" — Martinus de Thier, ex Gève.

V"* — Lambertus Meuret, Bredanus.

Page 1