Acta Aima Univtrsiiatis^ fol. 141, v
pas satisfaite de la teneur proposée. Si elle interdisait aux Jésuites de mentionner les privilèges de leur Compagnie, elle aspirait à affirmer ses propres droits et souhaitait qu'on insérât une clause formelle des édits royaux en sa faveur. C'était revenir sur le décret du 31 janvier. Le référendaire Daniels, y voyant avec raison une nouvelle cause de délais, proposa d'ajouter simplement à l'acte ci-dessus cette phrase unique : 4: Et moyennant ce viendront à cesser touttes les poursuites et requestes faittes d'une part et d'autre au Conseil privé de Sa Majesté. >
On était arrivé au 3 mai et il fallait se hâter. La soutenance des thèses du duc d'Enghien apparaissait à l'horizon. Laisserait-on suspendue sur sa tête, comme une épée de Damoclès, la menace de fermeture de sa classe.^ Et ses quatorze compagnons paraitraient-ils devant le public comme des écoliers rebelles à la loi ? Toute la cour de l'Archiduc allait se transporter à Anvers : s'y rendrait-elle comme une cour de justice ? La situation eût été par trop fausse. Le 3, l'université acquiesça conditionnellement à l'acte ', et le 4, elle envoya sa procuration à Renson pour signer ^ Il n'était que temps. Ce même jour Condé et Don Juan d'Autriche entraient à Anvers.
Restait à régler la note des frais et honoraires. La basoche n'avait pas rendu gratuitement ses services. La Faculté des Arts l'apprit à ses dépens. Elle s'exécuta de bonne grâce et paya ses avocats. Au syndic Jacques Renson, qui les méritait bien, elle vota des remerciements. Qui sait si quelques-uns de ses docteurs n'allèrent point jusqu'à Anvers sceller la réconciliation et applaudir M. le Duc ?
Tout souriait à l'heureux écolier en ce printemps de 1657. Son père, à peine reparti, avait passé ses soldats en revue à Namur ^ et rejoignait l'armée active, lorsqu'inopinément l'occasion d'un brillant fait d'armes vint s'offrir à lui.
Avis lui est donné que Turenne a investi Cambrai, mal défendu par une garnison misérable, et qu'il est sur le point de l'enlever. M. le Prince, sans perdre un instant ni écouter un conseil, entraîne les quatre ou cinq mille hommes de cavalerie qui composent sa petite armée, surprend les abords des lignes, livre une attaque de nuit et culbute les Français, qui, devant le secours imprévu entré dans la place, renoncent au siège et se retirent. C'était le 30 mai \
A cette heureuse nouvelle, M. le Duc, déjà libre de soucis depuis son examen, se rejeta dans la correspondance avec ses bons amis. Mis en belle humeur par les mystérieux cadeaux et les compliments hyperboliques de Marîgny, il envoya un de ses plus aimables billets à son cher poète.