‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 114 sur 181 · IHd · texte numérisé non relu

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3. Relations véritableSy 30 mai 1657, d'après lesquelles les troupes entre Sambre et Meuse se sont trouvées nombreuses et en bon état.

4 . Histoire des princes de Çondé^ par Mgr le duc d'Aumale, t V, p. 456.

PHILOSOPHIK A ANVERS. 197

Encore que j*aye eu beaucoup de joye de recevoir vostre lettre, et d'avoir de nouvelles marques de la continuation de vostre amitié, il faut pourtant que je vous advouë, que j'en eusse eu encore une bien plus grande, si au lieu de m'escrire vous fussiez venu vous-mesme icy, pour vous réjouir avec moy d'un si bon commencement de campagne et de la levée du siège de Cambray. Cette bonne nouvelle méritoit bien un si petit voyage. Je vous asseure que j'ai une fort grande impatience de vous embrasser, et, de vous faire des reproches de tant de flatteries que vous ro'avés données dans vostre lettre, car vous me traittés comme une personne que vous n'auriés jamais veue et comme si je ne vous connoissois pas depuis le temps que vous m'envoyattes un petit fagot et une tourte ', j'espère pourtant que ce ne sera pas par cette raison là que vous me flattés tant, et que ce sera plustost par l'amitié que vous avés pour moy ; je vous prie de la continuer et de me faire quelquefois participant de vostre muse, et je vous asseure que je suis tout à vous

Henry-Louis de Bourbon.

D'Anvers, ce i8 juin 1657.

Adresse : Pour Monsieur de Marigny*.

Ce fut d'ailleurs la dernière fois que le duc d'Enghîen et Marîgny eurent à se féliciter des succès remportés par Condé. La période que Mgr le duc d'Aumale a nommée <L Tagonie militaire > était ouverte. Comme en toute agonie où le malade garde encore quelque réserve de forces, i! y eut des élans et des soubresauts, des lueurs d'espérance et de passagères illusions. Mais la lutte achevait de détruire les suprêmes ressources. L'armée libératrice de Cambrai avait chèrement acheté son final exploit ; elle avait perdu trois cents des siens. A ce compte, vaincre répuisait. Les Français, au contraire, venaient de faire alliance avec les Anglais, et, transportant la guerre dans la Flandre maritime, y préparaient pour Tannée suivante une action décisive.

M. le Duc rentra au collège d'Anvers au mois d'octobre 1657, pour y faire sa deuxième et dernière année de philosophie, celle que, à la différence de la première ou logique, on nommait généralement la physique. Cette dénomination, qui évoque chez nous des idées de science positive plutôt qu'abstraite, avait sa raison d'être dans l'usage général des universités à cette époque ; mais il y avait de plus à Anvers, au milieu du XVI I^ siècle, l'importance spéciale qu'on attachait dans les Provinces belges aux études scientifiques, à la suite des découvertes de Galilée et des travaux de Descartes. Sans chercher à travers les vieux programmes et rien qu'à lire l'appréciation des écrivains du temps sur l'enseignement sollicité et reçu dans la Maison des Anglais, il est visible que l'élude des sciences y était plus en honneur que la métaphysique ^ On sent qu'on est ici en présence de gens pratiques que le grand commerce et l'habitude des affaires a rendus plus avides de connaissances

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