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SUIH IMI'ENSIS. CIVIBUS KLUERE TOLUIT
SEKENISSIMA PRINCEPS ANNA PALATINA EX BJJTARIIS
KELICTA SERENISSIMI PRINCIPIS
HENRICI JULII BORBONII PRlMOnS COND,1iI
ANKO DOMIKJ M. DCC, XV '.
t. La PfUaline avait le goût des fontaines publiques. On lit dans Pigeory {Monumntts de Paris, 1849, in-S, p. 565), que du vivant de Louis XIV elle fit élever, c sui des dessins d'une simplicité noble, la fontaine Saint-Martin, près la rue du Vf rt-Bois. > L'inscription actuelle, & l'angle du Conservatoire des Arts et Métiers, ne nomme pas Anne de Bavière, et se contente de rappeler <]ue la fontaine du Vert-Bois, érigée en 1712, a été conservée et restaurée < par l'Etat > en 1882. — Sur la Palatine au Petit-Liuembourg, voir la Topographie historique du vieux Paris, 1876, to-4, P' 316 et suiv., qui résume et complète le Palais du Luxtmàeurg, par A. de Gisors : Paris, t847i ÎD-8, p. 105.
C'est tout ce qui rappelle au passant affairé de notre époque la méflfu>ire d'Anne de Bavière, princesse Palatine, seconde fille d'Edouard, prince Palatin du Rhin, et d'Anne de Gonzague de Clèves, la Palatine immortalisée par le génie oratoire de Bossuet. Née le 13 mars 1648, elle avait, peu de mois après la mort de son père (10 mars 1663), épousé, le mardi II décembre, Henry- Jules de Bourbon, duc d'Enghien, le fils unique du grand Condé. Cette union fut célébrée à lenvi par les poètes français et latins. Loret aligna des colonnes de rimes en l'honneur des € deux Amans de grand lignage, > et surtout de 1' < aimable et jeune beauté, — fleur printanière » dans la fraîcheur et l'éclat de sa seizième année *. Robinet, son émule, l'auteur des Lettres en vers à l'héroïne retirée de la Fronde, composa des Nopces dvcales '. Ce ramas d'imaginations banales et de pauvretés mythologiques nous renseigne moins qu'une pièce de distiques élaborée par le P. Vavasseur du collège de Clermont, et dont lui-même a bien fait de nous donner la traduction française. S'il tombe dans la platitude du jargon à la mode et vante en la mariée < toute la beauté, toute la grâce et tous les charmes par où l'on dit que les déesses autrefois sceurent se faire aimer des dieux^^ il ajoute que chacun admire dans cette mortelle, sujette comme les autres à l'ignorance, mais qui s'était élevée au niveau des femmes savantes d'alors, une instruction dans les belles-lettres au-dessus de son sexe et de son âge, « jusqu'à sçavoir la plus noble et la plus majestueuse de toutes les langues, qui est celle des anciens Romains ^. > En cela Anne de Bavière se montrait simplement la digne fille de sa mère, Anne de Gonzague, à qui, suivant Bossuet, durant sa ferveur monastique dans l'abbaye de Sainte- Fare, € on avoit appris la langue latine, parce que c'étoit celle de l'Eglise *. >
Si nous relevons ici ce détail, ce n'est pas qu'il fût une telle exception au milieu de cette génération dç princesses et de grandes dames (les Précieuses ridicules datent de 1659 et les Femmes savantes, paraîtront en 1672); mais il aura son influence sur l'éducation dont nous allons esquisser les préliminaires. Ni le duc d'Enghien ni le grand Condé son père n'avaient rien dû, en fait de science, à leurs mères. Pour l'un et l'autre l'ingérence maternelle, regardée plutôt comme un obstacle aux bonnes études, avait été systématiquement refoulée à l'écart. A la différence de Charlotte- Marguerite de Montmorency et de Claire-Clémence de Maillé- Brézé, Madame la Duchesse pourra s'intéresser aux progrès de son fils, en prendre des nouvelles ; elle recommandera de le pousser, l'interrogera elle-même, au besoin le punira, libre dans son cabinet de
1. Loîct, La Muze historique^ édit. Daffîs, t. IV, p. 132 et 136.
2. Les Nopces dvcales. Paris, Loyson, 1664. L'épître dédicatoire à Madame la Duchesse débute ainsi : € Madame, ayant eu l'honneur, autrefois, de divertir l'illustre Héroïne à qui vous ^\tz la naissance, par les Lettres en vers que je lui adressois... > Ce témoignage formel confirme le sentiment de Livet, Dictionnaire des Précieuses^ t. II, p. 345.
3. De Nuptiis Henrici Borbonii^ dvcis Angviani, et Anna Bavarica^ principes Pàlaiinœ^ dans le recueil : Re^et regia stirpi Xenict^ offert Franciscus l^avassor^ e Soc. Jfs.^ ineunte anno Af.DC.LXlV. Paris, Cramoisy, p. 14 et 1-8.
4. Bossuet, Oraison funèbre de Anne de Gonzague de Clives^ princesse Palatim.