Du Rosel à Condé, 7 novembre 1679 ^^ 3 janvier 1680. P.C
de version obtenu à la fin du premier trimestre \ exerça sur Técolier de troisième une heureuse influence.
Louis de Bourbon était entré depuis quelques mois en sa douzième année (il octobre 1679)^ Ondoyé, sans aucun doute, aussitôt après sa naissance % il n'avait pas encore reçu le baptême solennel. Dans ce fait, anormal à notre époque et contraire d'ailleurs aux avis du Rituel, il n'y avait alors rien de bien extraordinaire pour un prince de sang. Diverses circonstances intervenaient dans la fixation du grand jour. La moins importante n'était pas le choix des parrain et marraine \ Pour le petit-fils de Condé, il semble qu'on ait voulu faire coïncider son baptême public avec une autre fête de famille, superbe en apparence, mais voilée de quelque tache en son éblouissante splendeur : le mariage de l'alné des jeunes princes de Conti, Louis-Armand Bourbon, avec Mademoiselle de Blois, fille de Louis XIV et de Louise de La Vallière, aujourd'hui pleurant son péché dans un cloître ^.
Il ne fallait rien moins que ce double événement pour faire reprendre à Condé, de plus en plus enfermé dans sa retraite de Chantilly, le chemin du château de Saint- Germain. Le héros solitaire, en rupture ouverte avec les manières de la jeune cour, dont son beau neveu Conti était un des plus galants modèles, consentit à subir l'opération de la toilette, — la toilette du vieux lion, — décrite par Mme de Sévîgné dans une si jolie page.
Cependant, je vous dirai une nouvelle, la plus grande et la plus extraordinaire que vous puissiez apprendre ; c'est que Monsieur le Prince fît faire hier sa barbe ; il étoit rasé. Ce n'est point une illusion, ni de ces choses qu'on dit en l'air ; c'est une vérité ; toute la cour en fut témoin, et Mme de Langeron, prenant son temps qu'il avoit les pattes croisées comme le lion, lui fit mettre un justaucorps avec des boutonnières de diamants ; un valet de chambre, abusant aussi de sa patience, le frisa, lui mit de la poudre et le réduisit enfin à être l'homme de la cour de la meilleure mine, et une tête qui effaçoit loutes les perruques : voilà le prodige de la noce K
Mais ni son merveilleux justaucorps, ni Y € inestimable > habit du prince de Conti ^ ni les « trois habits de M. le Duc, garnis de pierreries