AUeaume au même, 18 juin. P. C
GRAMMAIRE £T ULTTÉRATURE. 253
n'avaient pas procuré à Louis de Bourbon des plaisirs sans mélange. Quelques accidents de santé, légers et insignifiants, reparurent encore de temps à autre après la rentrée en troisième ; ils ne nuisirent plus aux études.
Le travail avait repris. L'émulation redoublait On était en cette classe supérieure de grammaire, la mieux faite, par son cadre élargi, pour permettre à des émules exercés depuis les rudiments de déployer les uns contre les autres l'expérience de leur tactique consommée. Les princes de Nassau ', et Camille ', Billy ^ et Armagnac, Chalype ^ les Louvois et les Mesmes ^ tous vieux adversaires, entament une nouvelle campagne et ils l'espèrent décisive.
Avec la Toussaint arriva une excellente recrue: c'était un petit méridional *, fils de M. de Féransac, officier de la maison de Condé^ Il était reçu comme page au service du duc de Bourbon. € Il a étudié dans son païs, et il dit qu'il expliquoit Quinte-Curse ; on verra de quoy il est capable, et on le fera aller en classe. > Ses débuts furent excellents ; le petit duc le prit bien vite en affection '.
Mais une cérémonie religieuse s'annonçait, qui, plus encore que les aiguillons de l'émulation entre princes et pages, plus qu un second prix
1. Guillaume-Hyacinthe, prince de Nassau-Siegen, né le 18 février 1666, était petit-fils de Jean III de Nassau-Siegen aont la conversion au catholicisme avait entraîné celle de Jean- Louis de Nassau- Hadamar, et l'un des dix-sept enfants de Jean-François-Désiré de Nassau-Siegen, mort en 1699. Il perdit sa mère Marie- Eléonore-Sophie, fille du margrave de Bade, à Tâge de deux ans (1668), et ce fut la première épreuve d'une vie qui ne les compte pas. Marié deux fois : 10 en 1687, avec Marie- Françoise de Furstemberg, qui lui donna deux fils décédés avant leur père; 2^ en 1698, avec Marie-Anne-Josèphe de Hohenlohe qui le laissa de nouveau veuf en 1723, il s'éteignit sans postérité en février 1743. — Attaché au parti français comme les Furstemberg, Guillaume- Hyacinthe subit le contre-coup des désastres de la fin du règne de Louis XIV. Les habitants de Siegen s'étant plaints au Conseil aulique, obtinrent un arrêt contre loi (1708), et il ne fiit remis en possession de ses Etats que l'année suivante, par la diète de Ratisbonne. Expulsé une seconde fois, il fut encore rétabli dans ses droits en 171 1, mais une garnison de troupes de l'électeur de Cologne dut rester au château de Siegen. Ces démêlés avec ses sujets contribuèrent sans doute à lui faire abandonner le gouvernement de sa principauté à ses deux frères cadets, pour aller vivre à la cour d'Espagne sous le titre de comte de Châlons. et : Le ComU Jean-Louis di Nassau- Hcuiamar^ neveu du Tadtume (1590-1653), converti à la foi catholique en 1629: et Le Comte Jean de Nassau-Siegen^ dit le Jeune^ (1583- 1638), fetit 'neveu du Taciturne^ converti à la foi catholique en 16x3. (Extraits des Précis historiques^ 1885 et 1886). Voir aussi le récent et bel ouvrage de M. le marquis d'Aragon : Un Paladin au dix-huitième siècle , Le prince Charles de Nassau-Siegen^ diaprés sa correspondance originale inédite de 1784^ 1789. Paris, Pion, 1893, in-8. — Le prince Guillaume- Hyacinthe est souvent mentionné, comme émule du duc de Bourbon, dans les lettres du P. Du Rosel à Condé, 9 et 1 2 mai ; 7 novembre 1679 et passim. P. C, complétées par le progranmie du ballet de Plutus^
août 1682.
2. Camille, dit le Prince Camille^ nom quMl garda après le collège, était fils de Louis de Lorraine, comte d'Armagnac et de Catherine de Neufville. Né le 25 ou 26 octobre 1666, il mourut à Nancy en décembre 171 5, avec le titre de grand maréchal de Lorraine. Voir son article dans La Chesnaye- Desbois, t. XII, col. 433. Sur cet adversaire < plus dangereux que Mgr le prince de Nassau >, lire du Rosel à Condé, 16 mai 1679, etc. P. C
3. Le petit de Billy avait sans doute pour père M . de Billy, Técuyer de Mme de Longueville. Du Rosel à Condé, 3 janvier 1680, etc. P. C.