Talon à Condé, 6 octobre 1681, P. C
3. Serenissime prtndpi Ludûvico duci Borhonio, eloquenlia sludta in eùVegio ClaromoHlem^ féliciter auspieanli, otalio Jaiobide La Baune, S.J. Paris, Martin, i68i. lo-Ii de 71 piiges. L*
Eottrait est gravé par Etienne Gantrel. A ce discours paraît se rapporter un Recueil Mr. devers tlins conservas aux Archives de Chantilly et contenant une épigramme de l'élève de seconde {hutnanisla) Gabriel- Alexis de Lorraincoriginaire du Beau vernois {aujourd'hui Saône-ct-Loire) : Ad Seremnimtim principem ducem Bnrbinuum.piiblicaoralione iaudatum^'R.V. J. de La Baune, j. : i Dum laudes, Princeps, atri^it i//e tuas... > \Jn seu\ pnnce de la maison de lorraine était camarade de rhétorique du duc de Bouiboo ; c'est le prince Camille. Voir suprà cl le discours de la Baune, p. 52.
4- V. Sommervogel, BibliotKique des écrivains S. 7,, in-4", t. 1, col. 1055. Rééditions en HoIlanHe. Angleterre, Italie, elc.
l. Jacobi SirmoTtdi, S. J.. Opéra variir Hunc primum collecta. Paris. Imprimerie royale, 1695, S voL in-fol., et Venise, 1728.
Bourbon '. Oliva accéda gracieusement à leur prière ; toutefois, il imposa une condition, à savoir que La Baune ne fût pas obligé de sacrifier ses exercices de formation, et que Ton s'y prit d'avance pour lui ménager le temps nécessaire. Ce fut dès les derniers mois de 1681, mais surtout à partir de Pâques 1682 que, pour l'alléger, son collègue, le P. Joseph de Jouvancy, professeur de l'autre section de rhétorique, prit sur lui une partie de sa charge et de son travail ^ La Baune et Jouvancy, quels régents dans ce collège de Clermont, où écrivaient Bouhours et Rapin, Mérouville et Le Jay, Comire, Tarteron, Vavasseur ^ ! Celui qui fut à la fois le plus grand éducateur et le plus élégant historien de la Compagnie de Jésus, Jouvancy, domine la pléiade. Le futur auteur du Ratio discendi et docendi était jeune encore et peu connu. Condé l'eut vite discerné. A la fin de l'année, il le remercia d'une 4: manière pleine de bonté. » Jouvancy lui envoya, en reconnaissance, une lettre, — la première de sa correspondance avec M. le Prince, — écrite dans un style qui sent moins le culte de la période latine que le bon usage de la langue maternelle. Il témoigne avoir remarqué, cette année, chez le duc de Bourbon, f un grand fond d'esprit, de naturel, de docilité et de toutes les bonnes qualitez qui peuvent soutenir les grandes espérances que Ion a de luy ^ >
Quand le petit-fils de Condé rentra à Paris, en octobre 1682, le Collège de Clermont était devenu, depuis le 10 septembre, le Collège Louis-le-Grand ^ L'histoire de ce changement, dénaturée jusqu'ici par la légende, demanderait un chapitre entier. Ce n'est pas le lieu de l'écrire. Nous dirons seulement que cette date marque à plus d'un point de vue l'apogée de la célèbre maison d'éducation. Les Lettres annuelles attestent que tout le monde, au dedans comme au dehors, partageait ce sentiment; et il n'était pas trompeur. Ajoutons aussi que Condé prit part à l'événement ; son ami, le P. de Champs le remerciait, à la fin de décembre, au
1. < Desideria Seren. principis Condei ac Seren. principis Enguinei habebuntur a nobis semper pro itnpertis... Quamobrem R* V* illis concédât, pro Seren. duce Borbonio, Patrem Jacobum (de) La Baune in professorem rhetorices, cui mature tempus assignabit ad exercitia tertit anni, quo sese sanctitàte bene muniat ut tam illustrem regii sanguinis prolem potissimum ad mores Christianissimo sanguine dignos informet, quo magnifice prseeuntes parentes semuletur fidelissime. > Oliva au P. Claude Collet, provincial de France, Rome, 8 avril 1681. — Le fait a été mal compris par l'auteur de la Notice nécrologique de La Baune ; il paraît ignorer que re Père était déjà régent du duc de Bourbon depuis plusieurs années, et lui fait enseigner la rhétorique aussitôt ses études de théologie terminées. Ce qu'il ajoute est plus exact : < ... Delectus est a suis superioribus rhetoricae magister, qui Principem Condaeum (lisez : le duc de Bourbon), nostris commissum curis, ad eloquentiam informaret ; nec sua superiores fefellit exspectatio : mirura enim quantum semper fuerit alumno principi. > Cette notice fut rédigée l'année de la mort du Jésuite (1725), et quinze après celle de son élève (1710), ce qui explique les confusions. A. C^*.