‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 22 sur 181 · I. Diun'er de la Crosie- Tour · texte numérisé non relu

I. Diun'er de la Crosie- Tour

^3. CrîRcipis Condfri tilius laiioEe orationis solui;t; primum prxmium lutîl, puer v'ut anaos natus m. Liittra annua, 1631.

LE GRAND CONDË.

Chasiillon, 5 aoust 163t.

Mémoire 1 Mt Grasset de toutes les lesponses que j'ay aFfjiite à Bourges sur les lettr qui m'ont esté escrites :

Mon Fils

Son thème est Iris bon. J'en suis fort coaUnt.

PÈRE Pelletier

Je me resjouîs de sa sinté. Qu'il fisse les tillres de la clas<e de mon fiis et Is comodl comme il faut ; et le marché que le père recteur et tuy en feront, que Mr Boufet le pai&^ Que mon fils durant les vacances «studie le malin despuis huit heures jusques ii neuf et demie et l'après-dinée despuis une heure jusques à deus ei demie et le soir un quart d'heure de répéiiion'.

Une heure et demie de travail dans la matinée, autant l'après-midi, plus un quart d'heure avant le coucher, n'est-ce pas un total plus élevé que celui de beaucoup des modernes élèves de troisième ? Et ce règle* ment sévère qui ressaisissait l'enfant trois fois par jour en coupant ses divertissements, aucune raison de civilité ne pouvait y introduire d'exception. Personne, même sa mère, n'avait à y apporter d'accommodement. Le cas était formellement prévu. Mme la Princesse n'avait le droit de disposer de son fils que dans le temps demeuré libre :

Les visites, si ma femme va à Bourges, se feront et ieront rtceues attï aulres heures comme il plaira à ma femme, à laquelle on dira les htures que j'ay ordonnées pour ses estudes.

Travail et santé, tels sont les deux objectifs de M. le Prince, qui veut aboutir et aboutira à former en son fils un esprit vigoureux, sinon ua corps robuste.

Austères vacances et qui portèrent leurs fruits. M. le Duc, rentré à Bourges afin d'y faire sa troisième année de collège {1631-1632), était assez bon latiniste pour écrire à son père dans la langue de Cicéron. Une partie seulement de ces lettres avait été publiée par le prince Louîsjoseph de Bourbon-Condé en 1 806. Les autres ont été données au public en 1886 par Mgr le duc d'Aumale.

Le duc d'Enghien comptait dix ans depuis un mois et il était en humanités. Sa première lettre (29 oct. 1631) trahit bien un élève de seconde '. Le jeune humaniste s'y reconnaît à cette élégante phraséologie, broderie légère qui court sur un canevas ténu. Il s'excuse de s'être quelque peu relâché de ses études pendant les Lucalia ^ ou fêtes de l'ouverture des classes, et pronnet de réparer le temps perdu. Une série de rapprochements entre l'absence du Prince son père, président au nom du roi des Eiats de la noblesse, et sa présence dans la pensée du fils qui croit le voir et l'entendre, forme la trame des plus ingénieuses antithèses.

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