Traduit et résumé du latin de Cordara
3. Uttera annuœ^ 1631. — Ce trait confirme l'assertion de M. de Bengy-Puy vallée sur Thabileté de Henri II de Bourbon à terminer démêlés et querelles. < Ce prince, dont la mémoire est en singulière vénération dans le Berry, donna à ce pays toute espèce de témoignages de bienveillance et d'affection. Il était juste et ferme, extrêmement affable et bienfaisant ; il inspirait nne telle confiance que tous les gentilshommes soumettaient à son arbitrage tous leurs différends. Nous avons dans nos familles plusieurs décisions qu'il a prononcées avec autant de sagesse que de justice. > Mémoire^ loc, cit.
4. AstioH martyr . Traf^oedia ad Hilariorumferias, Dakttur ab secundanis coIIêêu Bituricensis B. M, SocUtatis lesv. Die Februarij^ ann. M, DC, XXXI L Bitvrigibvs. Ex Typographia Mavricii Levez, propè Scholas vtriusque Juris, 1632. In-4« de six feuillets non chiffrés et de douze pages. Reliure en vélin blanc, semée de fleurs de lys d'or. (Bibliothèque nationale. Réserve Yf. 2550.;
LE GRAND CONDË.
Cette pièce, inconnue à Raynal et à M. Boyer, a été récemment découverte à la Bibliothèque nationale par l'intelligent conservateur de nos trésors historiques et littéraires, M. Léopold Delisle '. Nous lisons dans i'épitre latine qui la précède, sorte de compliment un peu contourné, adressé < au très illustre prince Henri de Bourbon, premier Prince du sang, son seigneur et père, > par « Louis, son fils, » des déclarations précieuses sur l'idéal auquel le noble enfant aspirait.
Sans doute il ne lui est encore permis de suivre les exemples paternels et d'imiter de hauts faits au-dessus de son âge qu'en se revêtant d'utt masque tragique ; maïs il se console à la pensée que ces exercices privés auxquels il se livre chaque jour, enfermé de par la volonté de son père dans les murs étroits d'une école, le mettront à même de se distinguer bientôt sur un plus vaste théâtre. Ces labeurs obscurs préparent les travaux éclatants de sa vie publique. Et ne convient-il pas à la dignité princière de n'en remplir les devoirs qu'au jour où la main est devenue assez ferme pour conduire le timon des affaires ? Ce jour-là, il serait aussi honteux au Prince en fonction de paraître aux regards des peuples sans être accompagné d'un cortège d'honneur, de vertus et de savoir, que de s'avancer sans escorte militaire. Il devra, en effet, se montrer à la fois prince et chrétien. « Prince, ajoute Enghien, c'est la nature qui m'a imposé ce rôle ; chrétien, c'est la religion ; prince et chrétien réunis, c'est vous, mon illustre Père ; aussi, suis-je ravi de soutenir aujourd'hui sous vos yeux, au moins pendant quelques heures, un personnage d'emprunt qui vous prouve à la fois notre piété par les sentiments que nous exprimerons, sans ternir pour cela votre nom. Par ces joyeux divertissements, nous préludons à une vie plus sérieuse ; c'est l'innocent essai de nos efforts dans l'avenir, en vue de reproduire l'image de votre dévouement à l'Eglise et aux saintes causes. Croyez-vous qu'il ne soit pas venu jusqu'ici, le bruit des citadelles hérétiques tombées sous vos coups ? Pour théâtre vous aviez la France, Dieu pour inspirateur, et pour spectateur l'univers '. >
Un argument, ou prologue général, et des sommaires particuliers en tête de chacun des cinq actes permettent, à défaut du texte même, de reconstituer ce curieu.x drame dans ses moindres détails. I! mériterait même d'être l'objet d'une étude spéciale. Placé entre les mystères du moyen âge, réfugiés dans les collèges, et la tragédie classique qui, dans quatre ans, produira le Cid, et dans huit ans Polyeiicle martyr, il offre < une ingénieuse tissure », pour parler avec Corneille, de faits historiques empruntés aux Vies des Pires de RosweyJe, et de fictions poétiques imaginées par l'auteur, sans doute Paul Ragueneau, le régent de seconde. A la pieuse légende regardée par la critique de Tillemont
i.Jeurnai lia Savants, fdvrii
i II de Bouibon, Canàé Condif dans les Eludes^ 15 octobre 1892.