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LS GRAND GONOÉ.

-f rince dans l'acception antique du mot : de sa primauté d'excellence découlait sa primauté d'honneur '.

I. Les raisons qui nous font rapporter à l'année 1634 ce prix offert par le P. RoUin au dac cPEngbien^ sont les snivantes : le P. Rollin ne fut reaeur de Sainte- Marie qne pendant les trois années consécutives (mars 1^31-32, 1632-33, 1633-34 vacances), répondant à la fin de la troisième, à la seconde, à la rhétorique et à la logique de M. le Duc ; or, les Lettres annuelles^ qui nous apprennent quels furent ses prix de troisième et d'humanités, passent sous silence celui de rhétoiique, silence qui s'explique mieux dans le cas d'on prix hors concours. D'un autre côté, ce n'est pas l'année d'après, en classe de philosophie, qu'il eût été question ^éloquence et de style : dicendi,,., et scribendi.,., — Jean-Baptiste Rollin, né au diocèse de Lyon, le 11 février 158;, entré dans la Compagnie le 17 avril 1603, à Avignon, avait fiait ses derniers vœux à la Flèche, k& 21 décembre 1618. 11 fut dans ce même collège professeur < de rhétorique et d'histoire > (1613-1619). Recteur à Eu, puis à Bourges, il le fut encore à Moulins et à Orléans, où il mourut le 21 décembre 1648, à la suite d'un refroidissement contracté dans la chaire de Saint-Paul. Il exerça le ministère de la parole à Paris, Alençon, Tours, et prêcha PAvent ouïe Carême dans les principales villes du royaume. Le 8 juillet 1643, ^ prononça, d'après la Gazette (p. 600), < une éloquente oraison funèbre >du roi Louis XIII, dans l'église Saint- Louis de la Maison professe de Paris, devant l'archevêque de Toulouse et vingt évêques.

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gapitrc Quatrième-

LOSOPHÏE ET DROIT.

u commencement de la première année de philosoijhîe de

M. le Duc (1633-1634), son entourage fut en partie

: changé. Le "P. Gérard Pelletier était inamovible ; mais

■ qui fui son soci'us? Jusqu'à cette époque aucun document

^ officiel ne nous en a transmis le nom. Désormais ce sera

ie P. François Gouihière, religieux modeste, de plus de

vertu que de santé, qui venait de faire, à la Faculté de Sainte-Marie, ses quatre années de théologie {1629-1633). Comme it est le seul socius dont Lenet a retenu le nom, il ne serait pas impossible qu'il ait suivi les cours du scolasticat en résidant à Jacques-Cœur avec le P. Pelletier . Le professeur de logique fut le P. Claude Boucher, qui remplit dans la suite les plus hautes charges de son Ordre, sauf le généralat ".

L'amour de M. le Duc pour l'égalilé et sa régularité à suivre le régime commun ne coûtaient guère en rhétorique au brillant élève. En logique, cette assiduité lui sourit moins. Avant de franchir l'obstacle, îl essaya de le tourner.

I. C Henri, prince de Condé, choisiL.. le père Peiletier et le maitte Goutter, jdsui les, l'un Toit austt-rc el l'auire fort doux. > Mémoires, p. 424 .

3. Claude Boucher, né à Paris, le 11 fiévrier 1603, entré au noviciat le 13 «eplembre 1618, prononça ses derniers vœux à Paris, le 13 août 1636. Après avoir enseigné la gramniaiie, la philosopliie el la théologie, il fut recteur du collège de Bourges (1646-1649), sodus du provincial rie Fiance, provincial lui-mSnne, préposé delaMaison professe du faubourg Saîni-Anloinc, enfin assistant de France ii. Kome, de 1661 A 16S2, La douzième con^r^Ë^'"'" générale qui élut, le 5

i*ui1kt de celte dernière année, le P. Chartes de Noyelle comme général de l'Ordre, lui substitua e P. Paul Fontaine. Trop âgé pour quitter Kome et devenu piesque aveugle, le P. Bouclier continua d'y résider et y mourut le 25 novembre 1683. Le P, Talon, qui, de Paris, tenait le grand Condé au courant de ses Doiivelles, lui annonça la mort de son vieux profe-seur.VoIr Papiers 44 Ceadé, série P, t. 80, fol. 279 : 1. 89, (bl. 16 et t. 93, fol. 308. Le P. Claude Boucher paraît n'avoir écrit aucun awnAVfiiSommervogtl, t. I, col. 1863), mais les Papiers dt Condé contiennent ses lettres adressées du Gesu à M. le Prince à partir de i66[, série P,t. 24, fol. 408 : i. 2S, fol. 86, «c Sur BoniAleàla congrégailoa génératede I6}i-i6ï3, où l'exclusion lui fut donnée par la cour de France à cause de son attachement \ Condé pendant 1a Fronde^ voir notre article des £ttide4, 15 mars 1891, page 38; et note 3.

LE GRAND CONOÉ.

Les cours de philosophie se partageaient, à Bourges, en deux parties, d'une année chacune : la logique et la physique. Dans la première rentraient la morale avec les éléments des sciences physiques et mathématiques ; dans la seconde, la métaphysique. Pour fond de l'enseignement, la scolastique ; pour méthode, la dispute ou argumentation orale. Des quatre e.xercices en usage constant: leçon ou classe, rZ/t'/rV/w; quotidienne, sabbatine ou revue de la semaine, et mcnstruaU ou revue du mois, cette dernière épreuve était la plus redoutée. Elle durait toute une journée et avait lieu en présence des professeurs de philosophie réunis et de leurs élèves. « Autant de répondants que de professeurs ; mais chaque répondant avait deux adversaires, un de sa classe et un de la classe supérieure '. » M. le Duc tâchA-t-il d'esquiver cette corvée ; sa fierté fut-elle inquiète d'avoir à disputer publiquement avec des élèves plus avancés ou avec ses maîtres? Le P. Pelletier, plus humaniste que philosophe, et qui n'avait jamais enseigné dans ces classes, en comprenait-it moins l'utilité, ou bien, par pure condescendance, essaya-t-il d'en faire dispenser son élève dérouté ? Toujours est-il que. s'il faiblit, M. le Prince ne transigea pas ; « Dittes au P. Pelletier que je veus que mon fils soustienne les thèses du mois covime les autres '. :& En logique, à Bourges, les choses ne se passèrent donc pas autrement qu'au collège de la Flèche, oîi, d'après Descartes, « l'égalité que les Jésuites mettent entre (les jeunes gens), en ne traitant guère d'autre façon les plus relevés que les moindres, est une invention extrêmement bonne pour leur ôter la tendresse et les autres défauts qu'ils peuvent avoir acquis par la coutume d'être chéris dans la maison de leurs parents'. » ; sauf qu'avec un père tel que Henri II de Bourbon, ce péri! n'était pas à craindre.

L'année scolaire 1633- 1634 ne se termina point sans que le duc d'Enghien soutint ses premières thèses publiques de philosophie'. La séance eut lieu en juillet, au collège Sainte-Marie. Les conclusions défendues par le jeune logicien portaient naturellement sur toute la logique et aussi sur l'éthique et la physique. En géométrie, il avait à démontrer quelque propriétés de la ligne droite, du plan et des solides. Précédées d'un portrait de Richelieu, ces thèses sont dédiées au grand ministre, à qui les princes rendent honneur. M. le Prince, qui décidément entendait que son fils ne fût pas seulement ce qu'on appelle aujourd'hui, avec trop de dédain, un fort en thème, mais encore qu'il se formât le jugement et s'exerçât à l'art de raisonner, assista en personne à la soutenance, moins pour encourager le défendant qu'afin de contrôler le sérieux de la dispute. Il n'est pas inoui, même quand les choses se

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