‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 32 sur 181 · P. de Rochemonteix, t, IV, p · texte numérisé non relu

P. de Rochemonteix, t, IV, p

4. L'unique exemptaire qu'il maél^ àonn^ de vaîrse trouve au cabinet des livres de Chantilly, 1 On lit à U lia : Profionebat Lvdoviivs de Bourbon, dvx d'EngvieH, in colU^io Biluricensi, SacU- I ta:is letv, die— mentù luUi, Anna 1634. ParisJis, Apud Petrvni Rocolei, Bibliopolam. In-4 coal chiETré.

PHILOSOPHIE ET DROIT. 47

passent le plus en forme, que la lutte n'existe o^^ pour la forme. Il suffit à celuî qui est sur la sellette, ou plutôt sur lestrade (suggestus), de s'entendre au préalable avec quelques compères avec lesquels il convient des questions à débattre. M. le Prince, soucieux d'écarter l'ombre même du soupçon de connivence, n'agréa d'autres attaquants que ceux désignés par lui-même, nommément et séance tenante. Toute complicité était, aux yeux de tous, rendue par là impossible. Grand fut l'honneur qui en rejaillit sur le Prince et son fils, ainsi que sur les maîtres.

Après de tels exemples, les Lettres annuelles, toujours à l'enthousiasme, déclarent que € l'on ne s'étonnait plus de rien à Sainte-Marie. > Talent, piété, vertu, savoir étaient l'apanage du duc d'Enghien ; joie et admiration, le privilège des professeurs '.

Le Père général lui-même s'unissait de Rome à ces sentiments. Ses paroles sont un écho direct des informations reçues par lui des Jésuites de Bourges ou même de M. le Prince. Dans sa dernière lettre adressée au P. RoUin, dont le triennat rectoral touchait à son terme, il s'exprime ainsi : < Le principal honneur de votre collège est bien ce jeune Prince, et par son talent et par son savoir, devant lesquels tout le monde est frappé d'étonnement. Pour moi, j ai pris un vif plaisir au récit que Votre Révérence m'a envoyé de ses ^/^«/^j publiques, que son père en personne est venu relever par sa présence. De ces débuts, nous pouvons espérer, avec la grâce de Dieu, quelque chose de grand, lorsque Tâge et rhabitude du bien auront affermi sa vertu '. »

L'année 1634 1635, M. le Duc suivit le cours de physique. Son régent lut encore le P. Claude Boucher, qui cumula avec ses fonctions de professeur la direction de la grande congrégation des externes. Ce maître se concilia pour longtemps l'affection et la confiance de son élève. Il sera son confesseur à Paris et son correspondant à Rome.

Une soutenance plus importante que la première devait clore cette deuxième et dernière année du cours ; c'est l'examen appelé dans l'école : de Universa philosophia. Programmes gravés, invitations répandues à profusion, nombre et habileté des argumentants, dispute à coups de syllogismes et en latin, tout concourait à la solennité et à la difficulté de cette joute. Les Conclusions duraient parfois jusqu'à deux jours.

En bon général, M. le Duc se prépara de loin à la lutte, et, comme il fera aux plus beaux jours de ses campagnes victorieuses, il ne voulut

1. < In re litteraria, post ingenium et exemplum Illmi Ducis £nguinei,nihil hic miramur : in eo crescunt in dies omnia : ingenium, pietas, virtus, doctrina. Publiée e suggestu thèses e loçicoy sub anni finem, puer annorum tredecim propugnavit. Aderat celsissimus et optimus parens D. Protoprinceps, atque ut omnes aditus aut gratiae aut ejus suspicioni excluderet, neminem admisit thesium oppugnatorem, nisi quem in ipso disputationis articule nominatim citaret. Eventus gratissimus patrifuit, fîlio gloriosissimus, nobis omnibus optatissimus. > Litterce annuit^ 1634.

2. < Magnum decus istius collegii est juvenis princeps, et ingénie et doctrina, in quitus homines admiratione obsiupescunL Ego vero magnam animi voluptatem cepi ex iis qua: R. V. narrât de publicis dispuiaiionibus, qu2iS etiam praesentia sua parens cohonestavit . Ex his principiis magnum aliquid sperare possumus, cum divina gratia, cum setas et probi mores virtutem corrcboiarint. > Viielieschi à Roîlin, 19 juin 1634. Communication du P. Van Meurs*

LE GRAND GONO^

rien laisser à l'ennemi de ce qu'il pouvait lui enlever par prévoyance,! mais non par surprise. Trois ou quatre mois d'avance, il s'est déjà jeté tout entier dans les apprêts et sur toute la ligne. Le 4 avril 1635, Pelletier écrit à son père : « Monseigneur, Puisque Monsieur le Duc continue si constamment k donner du contantement à V. A., estudiant parfailiement bien, et ne voulant jamais se départir de ses volontés, j'ay cru estre obligé de rendre se fsi^) tesmoignage à la vérité et à V. A. Il se prépare sur toute la philosophie qui n'est pas un petit ouvrage, il se porte très bien, grâces à Dieu, et nous laisse des grandes espérances de piété et de capacité pour l'avenir '. »

Le jour où le P. Pelletier écrivait ces lignes était le mercredi saint. Cette semaine consacrée à la mémoire des souffrances du Sauveur fut doublement triste pour le collège Sainte-Marie. Le successeur du P. RoUin, à peine installé depuis la rentrée de 1634, le P. Louis Lallemand, se mourait. Rollîn était un orateur; Lallemand un ascète. Le lendemain jeudi, « jour de la Sainle-Cène », le pieux recteur rendit doucement son âme à Dieu dans ce collège de Sainte-Marie, oïl dès les premières années de sa jeunesse il s'était donné tout à lui. La ville de Bourges lui fit de touchantes funérailles '.

L'avenir, même le plus prochain, ne démentit pas les espérances fondées par le P. Pelletier sur le travail de M, le Duc, La soutenance at Universa philoiophia eut un grand retentissement. Cette fois, ce n'était plus au ministre, mais au roi que les thèses étaient dédiées. Le portrait de Louis XIII, gravé par M. Lasne, figure en tête du recueil imprimé des positions. Une longue et pompeuse épitre, emphatique et alambiquée j d'expression et de pensée, offre au monarque « les prémices d'une vïel impatiente de lui être dévouée ^ î

L'espace nous fait défaut pour résumer les vingt-sept assertions 1 d'étique, les vingt-sept assertions de physique universelle, les quinze! assertions rfe J^/«H(/d, les quinze autres de Gaieraiione et Corruplione,\ ou de la transformation des substances corporelles, les quinze sur les! Météores ei les vingt-sept de Anima, suivies des quinze conclusions!

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