Mgr le duc d'Aumale, t. III, p
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poavoir de me (aire luy dire ou souffrir qu'on luy dise chose qui soit ou contre la gloire
de Dieu et son salut, ou contre le respect et obéissance qu'il est obligé de rendre à V. A. s'il veut estre aymé et bénist de Dieu '...
Pourquoi ce renouveau d'inquiétudes morales ? C'est que la fin de cette année 1635 était la fin d'un régime. Le premier voyage s'annonçait Déjà l'on vidait Jacques-Cœur pour envoyer à Paris jusqu'aux vieux habits de M. le Duc, promis en vain par lui à ses domestiques, et toute sa garde-robe ^ si bien, écrit le P. Pelletier, i que le pauvre garçon n'a rien du tout ^ >. Plus même une bûche de bois au logis, où l'on est réduit à € brusler des fagots à la cuisine, et par tout en grande quantité >. Le duc d'Enghien, les regards fixés au loin sur la cour, semble ne plus rien apercevoir autour de soi. Sa lettre du jour de l'an à son père exprime le regret de ne contenir aucune nouvelle à lui communiquera Sans qu'il dise quoi, ni peut-être qu'il le sache, quelque chose lui manque. Pareille gêne chez le P. Pelletier, qui s'enquiert de quelle manière il emploiera bientôt les après-midi de M. le Duc, une fois ses Institutes achevées. Quant aux cours de philosophie, on en est à les relier ^
L'apprentissage de la vie réelle s'impose. Enghien est presque un homme : « Monsieur le Duc se fait grand et se fortifie et quant au corps et quant à l'esprit; c'est chose miraculeuse comme il opine judicieusement, quand pendant l'histoire je luy propose ce qu'il pourroit dire au conseil ou de guerre ou d'autres affaires. » Les études purement théoriques commencent à le lasser. Tandis que Pelletier demande à quoi l'occuper pendant ses après-dîner, lui de son côté prie son père de le délivrer bonnement alors de tout travail ; surtout il désire n'avoir plus à écrire en latin. De fait, cette lettre est la dernière de lui que nous possédons dans cette langue. La correspondance de M. le Duc avec son père sera désormais rédigée en français ; mais elle ne sera plus datée de Bourges. Pour la dernière fois les Lettres annuelles de Sainte- Marie nous entretiennent de « l'heureuse éducation du Prince ; depuis sa sortie du collège, son zèle pour la science et la piété ne s'est point ralenti ; non seulement il fleurit encore, mais il se développe par l'exercice et son savoir s'étend de jour en jour ^ »
Tel est bien le bilan exact de ces six années d'éducation (janvier i630janvier 1636). Des facultés natives supérieures ont été cultivées par l'étude précoce d'une langue ancienne, perfectionnées par une philosophie