Leitet, Mémoires, p. 423.
2. Pelletier à M. le Prince. Bourges, 3i novembre 163;. Papiers lU Condé, série M, t. ' fol. 443
3. Le même au même. Bourges, 9 décembre 1635. Ibid., (ol. 517.
4. Le mfine au même. Bourges, za décembre 1635. lèid., fo). 555.
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apportait son intelligence affinée par l'argumentation de Técole, et, plus fort dans l'attaque que dans la défense, il poussait contre le docteur Mérille des objections ou des difficultés à embarrasser le vieux maître '. Par cette connaissance du droit, si sommaire qu elle fût, il acquérait mieux que lesprit de chicane : un jugement mû par des principes supérieurs et formé sur des notions rationnelles.
Cependant, avec ses forces croissantes et ses loisirs prolongés, il avait senti éclore en lui une passion de son âge : il s'était épris de la chasse, et, pour s'y livrer en prince, il avait gardé plus de chiens que son père n'en tolérait. Le 9 décembre, un ordre formel fut envoyé de Dijon par Henri II à Grasset, et M. le Duc, à qui cédaient les docteurs, dut plier à son tour devant ces lignes impératives : € Dites à M. de la Bufetière qu'il fasse casser les chiens de mon fils, ainsi que je luy ai escrit par le messager ^ > Louis de Bourbon ne marchanda point sa soumission. Il se débarrassa sur-le-champ de sa meute, à l'exception ide neuf chiens, le nombre autorisé ^ Puis, fier du devoir accompli, il en informa son père par une lettre latine où il fait d'abord un retour psychologique sur les premières ardeurs des passions naissantes. Tout en philosophant si bien au début, il ne s'aperçoit même pas qu'il laisse éclater à la fin une passion nouvelle, non sans quelque analogie avec la première, mais autrement puissante : le goût des armes et l'amour du commandement. Enghien se souvient qu'il est né colonel. Il n'avait pas un an quand son père mettait sur pied quinze compagnies à son nom ^ Aujourd'hui, il vient d'apprendre, par un de ses officiers appelé de Beaujeu, qu'on les augmente de cinq, et il recommande à M. le Prince de confier un des nouveaux étendards au jeune de Busseuil K
Le caractère impétueux qui servira si bien son génie à la guerre et le jettera en politique dans tous les extrêmes, est indiqué dans une lettre du P. Pelletier relative à ces incidents. Le bon Père se montre là perspicace et encore plus indulgent. Il s'empresse d'excuser le passé, heureux qu'il est'de n'avoir plus à redouter les accidents de chasse.
Ce qui me console le plus, est que Monsieur le Duc ayme avec passion V. A. et luy porte un extrême respect, accompagné d'une crainte amoureuse et filiale, et il est besoing en ses temps qu'il preine ses affections ; il se trouvera désormais assé de flatteurs et complaisans qui estudieront ses inclinations pour les suivre, et pleust-il à Disu que ce soit au bien. Une chose sçay-je bien que tandis que j'auray l'honneur de le servir, jamais personne n'aura le
1. Au témoignage de Stample, cité par Mgr le duc d'Aumale, t. III, p. 325, on peut ajouter un curieux exemple tiré du Gundlingiana^ p. 227. Il y est raconté que Mérille parcourait avec son élève les Institutes et la Paraphrase de Théophile, Une des objections soulevées par M. le Duc sur un point de droit est rapportée tout entière, et le biographe ajoute naïvement : < Mérille n'avait jamais songé à cela ; il y trouva pourtant réponse. >