‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 53 sur 181 · STAGE SN BOURGOGNE · texte numérisé non relu

STAGE SN BOURGOGNE

à Auxerre. Quelques jours plus tard, Pelletier devait écrire une lettre d'excuses pour avoir donné < sujet de fascheries > au père informé et mécontent de ce déplacement. M. le Duc est € en parfaitte santé > à Auxerre. € On nous a assuré que la peste s'estoit grandement espandue dans Avalon ; on n'en parle quasi plus icy '. »

Le séjour se prolongea le mois de décembre.

Avec la sage et tenace obstination qu'il portait en tout, M. le Prince était parvenu à son but. Malgré les deux fléaux inséparables qui décimaient la Bourgogne, guerre et peste, il avait maintenu son fils une année entière dans la province qui saluera bientôt en M. le Duc son gouverneur. Alors Enghien ne sera plus pour elle un inconnu ; elle l'aura vu, non au feu, ce qui eût été pour lui la fête des fêtes, mais au devoir obscur et laborieux. Avant de savoir commander, il a appris à

obéir. En paraissant piétiner sur place, il n a pas laissé d'avancer.

I. Pelletier à M. le Prince. Auxerre, i**^ décembre 1636. /âtW.y fol.87.

Le (rasd Coudé.

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ffouis DE Bourbon ne pouvait cepeodant s'éterniser enJ province. I

Le 14 janvier 1637, il était arrivé à Paris', où son père l'avait précédé d'une semaine", et. le roi se trouvant ce ■ jour-là à Saint-Germain, il « alla saluer Son Éininence > ■ ; cardinal de Richelieu. Peu après, il redevenait élève et com mençaii ses études militairesà l'Académie royale pour la jeune noblesse. Cette école supérieure vit la répétition, sur un théâtre plus brillant, des succès de M. le Duc à Sainte-Marie. Au lieu du collège de Bourges, , lointain rendez-vous de hobereaux et de roturiers, c'est Paris, centre I unique et point dt; mire du royaume. Lenet a décrit la splendide affluence produite par la présence de M. le Duc dans cette école aristocratique et il a admiré les calculs si bien vérifiés de Henri II. « Il voulut que | l'émulation parmi la plus haulte noblesse de France, qui accourut en < foulle en cesie académie, au bruit que le prince y entroit, fist en sa personne le mesme eftcLt qu'elle avoit faict au collège, d'où il estoit sorti j le plus capable de tous ceux qui y esioient avec luy. L'on n'avoil point | encore veu de prince du sang eslevé et instruit de ceste manière vulgaire ; aussi, n'en a-t-on point veu qui ayent, en si peu de temps et dans une si grande jeunesse, acquis tant de sçavoîr, tant de lumière et tant d'addresse en toute sorte d'exercices.... Le prince, son père, habille et éclairé en toute chose, creut qu'il seroit moins diverti de ceste occupation, si précisément nécessaire à un homme de sa naissance, dans l'Académie que dans l'Hostel, et creul encores que. l'y meslant parmi tant de seigneurs, et tous gentilshommes, qui y esioient et qui y enlreroient pour avoir l'honneur d'y estre avec luy, seroient autant de serviteurs et d'amis qui s'attacheroient à sa personne et à sa fortune*. >

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