Le même au mËme, Paris, 15 cctobre. J6i<i.. fol
3. Le même k Perrault. Narbonne, 27 avril 1642. Jbid., t. XXVII, fol. 216.
DÉBUTS A LA GUERRE. 115
> 2. Qu'à la fin, la première chose qu il fist fut de se mettre à deux genoux, à la veiie de son armée, et de rendre grâces publicques au Dieu des batailles duquel il advouoit tenir la Victoire. *
> 3. Qu'il n'y a eu ny escadron, ny bataillon, où il n'ayt paru pendant le combat qui a duré six heures, avec une telle présence d'esprit qu'il fault que Dieu y ait travaillé.
> 4. Dans sa Victoire, il a faict paroistre tant de modestie que je ne la puis pas assez admirer. Me rencontrant au milieu de plus de deux cens espagnols blessez que je confessois, et leur ayant faict crier : Vive Monseigneur le Duc ! il leur imposa silence et me dict : « Mon père, > ayez soing de ces pauvres blessez, et puis venez à Rocroy pour chanter » le Te Deum et remercier Dieu. > Ce que je fis.
» 5. Le soing qu'il a eu des blessez n'est pas croyable, et, je ne puis cxplicquer la grande bonté et charité qu'il a tesmoignée dans cette occasion, les embrassant avec des tendresses dont le souvenir me faict à présent pleurer de joye.
> 6. Il est infatigable dans le travail, sérieux dans ses entretiens, et agissant en tout de luy-mesme. Il agit avec tant de prudence et de science qu'il estonne les plus vieux et les plus expérimentez dans le mestier. Je vous prie d'asseurer Monseigneur et Madame de tout cecy qui est la pure vérité et prier leurs Altesses de l'exhorter souvent par leurs lettres à se conserver plus qu'il ne faict... '. >
Assurément la parole de Bossuet plane au-dessus de tous les commentaires. Ce fidèle récit d'un témoin oculaire a peut-être l'avantage de la ramener des sphères oratoires, toujours suspectes d'exagération, au niveau de la réalité, et la réalité ne lui est pas inférieure. Qui sait si plus d'un lecteur sceptique n'accusait pas le magnifique orateur de nous avoir donné un Enghien de parade ? L'histoire a le droit de reprocher à l'évêque de Meaux de s'être tenu en deçà, non d'avoir été au delà du vrai.
Il existe deux trophées de Rocroi : l'un est la merveille de Chantilly ; je ne l'ai pas visité sans admiration ; c'est bien ^ tout ce qu'a pu faire la magnificence et la piété pour honorer un héros. » L'autre esc moins connu. A ses pieds je n'ai jamais prié sans émotion. Dans une vieille église conventuelle d'Amiens, aujourd'hui en démolition ', on vénère une Madone commémorative sous le vocable de Notre-Dame de la Victoire. Cette belle statue de marbre blanc, due au ciseau délicat de Nicolas Blasset, l'auteur de \ Enfant pleureur, est \ ex-voto du duc d'Enghien en 1643. La Vierge tient d'une main une palme symbolique, de l'autre une couronne de fleurs ^
Une autre marque de la gratitude du vainqueur de Rocroi envers le