‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 65 sur 181 · Le 26 avril · texte numérisé non relu

Le 26 avril

2. Gazette^ 1641, p. 530. — Histoire des princes de Condé, t. III, p. 648. M. le Prince à Chavigny. Pézenas, 8 juillet.

3. Mugnier à M. le Prince. La Bassée, 6 septembre 1641. Papiers de Condé^ série M, t XXV, fol. 161.

4. Le même au même. Forges, 10 (?) septembre 1641. Ibid., fol. 265.

DÉBUTS A LA GUERRE

nitement donner à réfiéchîr au jeune Prince. Mugnier ne pleura point sur ce deuil. « Il (M. le Duc) estoït fort gay... quand la nouvelle de la mort de Monsieur de Nemours l'a surpris et troublé. J'adore plus que jamais la Providence de Dieu sur Monsieur votre fils ; tout ce qui se peut souhaiter pour le conserver et le rendre bienheureux, cela se fait visiblement... '. »

Les conseils salutaires de Mugnier, les divertissements honnêtes de Forges et le bon effet des eaux opérèrent une heureuse réaction morale.

Père le constatait avec joie aussitôt de retour à Paris, au commencetnent d'octobre :

Monsieur le Duc n'eut jamais meilleure volonté. Di manche il se vint confesser dans ma chambre au noviciat ' et aprîs il se comniuaia dans nostre Eglise. Après il me voulut

1. Mugnier i M le Prince. Forges, i6 septembre. Ibid., fol. 31&. — La nouvelle de la mon de Nemours est le seul incident du s^iour du duc d'Enghien, relaté par M. F. Bouquet dans son tiaportanie Hii/oire dti taux ds Foi gei . Rouen, 1S9J, iu>ti. La correspondance du P. Mugnier ne manque pas de détails.

3. Rue du Pot-de-For-Saial-Sulpice, nonloûi de l'hdtcl de Condé.

eniTttenir et parler de ses afiiiùes ; je lu^ dis tout ce qae je peu là-dessus; maînlenant donc qu'il a gagné son juhUi, je prie V. A. oublier tout ce quipourroil \aj «voir despieu, C'ttl meare un demy mirade gu'il S4 iomporSt comme il fait ; une petite lettre de sa part le réjouiroit bien fort et luy donnernîl courage de tousjours (aire de mieux en mieux '.

De Paris on alla à Mello. M"'^ la Duchesse, qui se préparait à accomplir à Notre-Dame de Liesse un i veu fait pour la sanié de M. le Duc, » tomba gravement malade de la petite vérole. Son mari fit enfin paraître envers elle de l'affection, et ne craignit pas < de la visiter ' >.

L'année 1642 n'offre guère que la répétition des mêmes alternatives, soit dans la vie intime, soit dans la vie militaire, de Louis de Bourbon. H fit campagne à l'armée du Languedoc. De Narbonne, Mugnier écrit à Perrault : « Je ne double point que Son Altesse ne fasse part des bonnes nouvelles que je luy mande de Monseigneur le Duc. Je voudroJs qu'elles fussent encore meilleures, et que les effects des bonnes volontés parussent. Ce sera quand il plaira à Dieu ■. » Le plan du directeur était d'entourer le jeune Prince de quelques personnes sûres, « d'honneur et de cœur... par forme de volontaires, qui seroient pourtant domestiques. >

Le 4 décembre, la mort de Richelieu délivra M. le Duc moins d'un protecteur et d'un oncle que d'un mailre tyrannique à son foyer et d'un rivai dans l'Etat. Maïs, avant de disparaître, Richelieu, qui avait mesuré à sa juste valeur le mérite de son neveu, l'avait désigné à Louis XI II comme un des deux généraux en chef.

Rocroi était devenu possible.

Au printemps de 1643, le duc d'Enghien, commandant l'armée de Picardie pour le roi très chrétien, se dirigeait sur le point envahi de la frontière, et sauvait la France en détruisant sans retour les « tercios viejos > du roi catholique. Cette journée nationale eut son épisode religieux immortalisé par Bossuet : « Le prince fléchit le genou, et dans le champ de bataille il rend au Dieu des armées la gloire qu'il lui envoyait. > C'est bref, comme le sublime. A côté de cet éclair instantané, la lettre du P. Mugnier projette une lumière plus diffuse et plus douce- On y admirera au repos la figure du Prince dans la beauté de son double acte de religion : prière et action de grâces.

< EXTRAICT d'une LETTRE DU PÈRE MEUGNIER, CONFESSEUR DE MONSEIGNEUR LE DUC. »

< Je ne vous ay point mandé les particularitez de la grande bataille, et de la signalée victoire dont il a pieu à Dieu honnorer Monseigneur le Duc. Je sçay que vous les sçavés d'ailleurs. Je ne puis toutefois que ne vous en marque quelques-unes que j'estime sur plusieures.

» Premièrement, c'est que Mondict Seigneur.avant que d'entrer au corn' bat, se confessa, offrit à Diku, mais de bon cœur, toute la gloire de l'action.

1. Mugnier à M. le Prince. Paris, 8 octobre 1641. Papiers lie Coniii\ série M, t. XXVI, fo!. 10.

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