‹ Trois éducations princières au dix-septième siécleChapitre 68 sur 181 · DUC D'ENGHIEN (16461686), PUIS PRINCE DE CONDÉ · texte numérisé non relu

DUC D'ENGHIEN (16461686), PUIS PRINCE DE CONDÉ

{D'après une estampe de la chalcographie du Louvre.)

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tj gtt tttutfâ AND's que le vainqueurde Rocroi, obstiné à combattre ir la France, se dérobait aux ovations de Paris et I la cour, il lui était né le 29 juillet (1643) un fils, ; plus beau du monde > comme tous les enfants '. nouvel héritier de la maison de Condé reçut le l 2 de duc d'Albret et fut porté à son père, par ..,ibol, au camp devant Thionville '. Le baptême ne fut différé que de quelques mois. Était-ce un un indice que Henry-Jutes de Bourbon serait moins grand prince que Louis XIV et que son père, pour qui l'on avait attendu des années ? La cérémonie eut lieu le 12 décembre suivant. Inscrit aux registres de la paroisse Saint-Sulpice, l'acte a existé jusqu'aux incendies de ia Commune. Le texte, relevé par Jal, nous apprend que ce jour-là fut baptisé i Henry-Jules, fils de h* et puiss' seig"" Louis de Bourbon, ducd'Anguîen, et de dame Claire- Clémence de Maillé- Brézé, sa femme. Le parrain, Eminentissîme et Révérend Jules-César Mazarini, cardinal ; la marr., dame Charlotte- Marguerite de Montmorency, femme de Monseigneur le Prince '. 'S> Retenons ce prénom de y ides , plus tard nous pourrions nous y méprendre. Au temps de la Fronde, il sera désavoué, à l'égal d'un outrage, et remplacé par le nom de Louis. Débaptiser et rebaptiser fut un peu la manie de toutes les révolutions.

A bien prendre, saint Louis valait mieux que Jules-César.

Wi. Hittairt des fitiitcis de CondJ, par Mgr le duc d'Aamale, l. IV, p. îig. Sx l-enel. Mit, i. I, fol. 76.

■3. Jal, lymù

ciilr'çue de biographie ei d'histoire, p. 41!

Passons sur la première éducation. L'enfant grandit au bruit des triomphes paternels. Il s apprit à parler en prononçant les mots difficiles de Rocroi, Fribourg, Nordlingen et Lens, auxquels Turenne avait mêlé Sommershausen. En 1646, à la mort de Henri II de Bourbon, son grand-père, en même temps que Louis de Bourbon, duc d'Enghien, son père, était devenu prince de Condé, lui- même échangeait son titre provisoire de duc d'Albret contre celui de duc d'Enghîen, qu'il gardera jusqu'en 1686.

A Tâge de sept ans, où les princes sortaient des mains de femmes, la Fronde lui avait ménagé de dures épreuves. La politique troubla profondément une enfance qui promettait d'être plus sereine.

Reportons-nous au printemps de l'année 165 1, qui amena uneéclaîrcie entre deux orages. Après treize mois de détention, Condé va être rendu à la liberté par Mazarin (13 février) et il rentrera en vainqueur à Paris (16).

Bien que les Français de la Fronde n'eussent point l'électricité à leur service, leurs nouvelles à sensation voyageaient assez vite. Celle de la délivrance imminente des princes n'avait point tardé à parvenir à Montrond, résidence forcée de Madame la Princesse, Claire-Clémence, et du duc d'Enghien son fils. Du fond de ses cachots successifs de Vincennes, Marcoussis et le Havre, Condé avait toujours entretenu de mystérieuses correspondances et appris tout ce qui se faisait dans le royaume, à Montrond comme ailleurs ; mais que sont devenues ces instructions si intéressantes à connaître que, au dire de Lenet % M. le Prince prisonnier avait envoyées pour l'éducation de son fils, et auxquelles va faire allusion le premier précepteur de M. le Duc, le Docteur Bourdelot '? Si ce personsonnage, bien connu que par les lettres de Gui- Patin et de M"^® de Se vigne, était d'une science médicale douteuse et d'une religion équivoque, il faut bien lui reconnaître ici un dévouement sincère dans l'acquittement de son double devoir professionnel, et un singulier discernement de l'ensemble de qualités et de défauts formant le caractère du jeune enfant confié à sa garde. Tout le duc d'Enghien tient dans cette lettre, la plus ancienne que nous possédions, sur son éducation. Un demi-siècle n'y changera rien. Voici donc en quels termes le précepteur rend compte à Condé de l'accomplissement de ses fonctions :

Monseigneur,

Je suis trop glorieux de Tagréement que V. A. tesmoîgne des soings que je prends pour la santé, et pour Tinstruction de Monseigneur le Duc Ils ne peuvent estre ny plus assidus ny plus fidelles et je vous puis dire que Dieu les bényt.

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