DEUX PENSÉES
C'étaient les seules qui fussent en fleur : je vous les envoie.
( Correspondance. )
Ah! je les garderai ces deux sombres pensées, Je veux que , chaque jour sur mes lèvres pressées , De mon cœur inquiet elles calment l'effroi ; D'un souvenir constant toutes deux sont l'emblème , Ne roubliez jamais du moins, ô vous que j'aime !.,. Pensez à moi !
Que donner en retour?... Je n'ai rien sur la terre. Pas même une prairie auprès d'une chaumière Où cueillir quelques fleurs pour gages de ma foi ; Nul souvenir de moi que ce son de ma lyre ! Nul présent dont l'aspect toujours puisse vous dire : Pensez à moi !
Mais que tout ce que j'aime à vos yeux me rappelle : Les fleurs, les eaux , les bois , la blanche tourterelle. En entendant le soir murmurer le beffroi , En causant entre vous d'amour et de constance , Mais surtout en parlant des peines de l'absence , Pensez à moi !
A M. EDOUARD TURQUETY