‹ Trois femmesChapitre 36 sur 53 · LA LAIDEUR · texte numérisé non relu

LA LAIDEUR

Moi, je n'ai pas les Irails qui (lonneiil la tendresse, Et je ■veux me cacher...

( Laure l'iUACHE.)

Dans la foule à l'instant je lui servais de guide. Pourquoi, quand pour appui j'offrais un bras timide, La-t-elle rejeté, sans même qu'un coup d'œil Tendre vînt adoucir ce refus de l'orgueil? Sans doute, sur mon bras penchée et souriante, Elle n'eût point paru plus belle , plus brillante ; La foule n'aurait pas , en s'ouvrant devant nous , Suivi nos pas légers d'un œil flatteur et doux ;

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Un autre à ses côtés, heureux , Teût embellie ,

Car la force avec grâce à la beauté s'allie ;

3Iais de ce charme , moi , je n'ai pas le pouvoir,

Et près de moi toujours l'on passe sans me voir.

Ah ! je l'ai trop appris ! celui qui sur la terre

Reçut le don d'aimer sans le bonheur de plaire ,

Qui n'a pu conquérir, pour flatter la fierté ,

Quelqu'un de ces grands noms plus beaux que la beauté ,

Que sa route ici-bas est sombre et monotone !

Et quels maux descendront sur son front sans couronne '

Quand la gloire du moins vient réchauffer nos jours ,

Des malheurs éclatants en parsèment le cours;

On pleure nos douleurs , on daigne nous sourire :

L'on aime sans effort celui que l'on admire.

L'orgueil de mes tourments soulage la moitié !. .

Mais qui ne fait envie, ici-bas, fait pitié.

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