‹ Trois femmesChapitre 52 sur 53 · LE PEUPLIER · texte numérisé non relu

LE PEUPLIER

Paris , se^ie ntre

J'aime les arbres : ils [laileDl peu, mais ils font au cœur parler.

(' Corrcsponduiict'.)

Près^du riche portail de cet hôtel splendide , Vois- tu ce peuplier qui s'élève timide? Parmi tant de palais pressés et réunis , Seule à mes yeux rêveurs sa riante verdure Semble me rappeler encore la naliire El me parler de mon pays.

2rj8 RÊVES POÉTÎQUEl

A ma fenêtre assis , lorsque le soir commence , Que j'aime à voir son front qu'une brise balance! Je me sens entouré de souvenirs confus , Et son aspect alors , de ma triste demeure , En rêve , me transporte au pays que je pleure , Et que je ne reverrai plus.

• Le bruit d'un cliar léger qui dans le lointain passe, Un murmure incertain et perdu dans l'espace, De mon illusion vient aider les erreurs; Je crois entendre encor le vent de ma vallée , Ou le doux bruit de l'eau qui murmure voilée Sous un dôme mouvant de fleurs.

Mais , lorsque par l'hiver sa verdure flétrie Ne m'entretiendra plus de ma chère patrie , Chaque soir tristement sur mon balcon penché, Je n'aurai , pour songer à ma chère Bretagne, Qu'une rose cueillie au fond de ma montagne, Et qui sur mon cœur a séché.

Peut-ôtre que, vainquant un sort toujours funosie , L'avenir de mes jours embellira le reste , Du soleil du pays j'irai prendre ma part; Mais, comme cette rose à tout jamais flétrie, Je ne pourrai revivre à l'air de ma patrie, Et le bonheur viendra trop tard.

Page 1