Trois fléaux de la classe ouvrière
Le Pape Léon XIII déclare, dans son Encyclique sur la Condition des ouvriers, que la solution des grands problèmes sociaux qui agitent notre temps sera due surtout à l'influence de l'Eglise, à l'action du clergé et à la pratique des règles évangéliques de la vie chrétienne.
(( L'Eglise, dit-il, ne se contente pas d'indiquer la voie qui mène au salut, elle y conduit et applique de sa propre main le remède au mal. Elle est tout entière à instruire et à élever les hommes d'après ses principes et sa doctrine, dont elle a soin de répandre les eaux vivifiantes aussi loin et aussi largement qu'il lui est possible, par le ministère des évoques et du clergé. Puis elle s'efforce de pénétrer dans les âmes et d'obtenir des volontés qu'elles se laissent conduire et gouverner par les règles des préceptes divins. Ce point est capital et d'une importance très grande, parce qu'il renferme comme le résumé de tous les intérêts qui sont en cause, et ici l'action de l'Eglise est souveraine. »
Et à la fin de cette grande Encyclique, l'au guste Pontife s'exprime ainsi, en s'adressant aux évêques :
« Que les ministres sacrés déploient toutes les
»i PREFACE
forces de leur àme et toutes les industries de leur zèle et que, sous l'autorité de vos paroles et de vos exemples, Vénérables Frères, ils ne cessent d'inculquer aux hommes de toutes les classes les règles évangéliques de la vie chrétienne ; qu'ils travaillent de tout leur pouvoir au salut des peuples et, par dessus tout, qu'ils s'appliquent à nourrir en eux mêmes et à faire naître dans les autres, depuis les plus élevés jusqu'aux plus humbles, la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus. C'est, en effet, d'une abondante effusion de la charité qu'il faut principalement attendre le salut. ))
Me serait-il permis de dire qu'après les enseignements du Souverain Pontife, les résultats de mon expérience personnelle et la responsabilité de ma mission d'évèque m'ont inspiré la pensée de publier ce travail, auquel j'ai donné ce titre : Trois Fléaux de la Classe ouvrière ? Je connais le peuple et je l'aime. Dans toutes les circonstances favorables, je lui ai fait entendre ma parole ; je l'ai vu de près dans les usines et au milieu des travaux des champs ; j'ai parcouru les quartiers de nos villes où il habite et les plus humbles villages ; je l'ai visité dans ses maisons, ses chaumières et mansardes ; j'ai interrogé souvent les prêtres qui lui consacrent leur activité et leur dévouement, et souvent aussi j'ai causé avec eux de tous les intérêts de la classe ouvrière. Je me suis efforcé d'étudier, non seulement dans les livres, mais dans les faits, sa situation, ses maux et ses périls. <nt les conclusions de cette étude, du moins