‹ Trois générations, 1789--1814--1848Chapitre 4 sur 9 · IH TROIS GENERATIONS · texte numérisé non relu

IH TROIS GENERATIONS

proche, et je ne veux pas non plus excuser les faiblesses embairassées et les connivences timides qui en furent ou la cause légitime ou le spécieux prétexte. C'eat de la liberté politique seule, de ses progrès ou de ses revers pendant ce temps que je me préoccupe. Sous ce rapport et pour cette grande cause, les torts de quelquesuns des membres libéraux des Chambres d'alors , quelle que fût leur gravité aux yeux de la morale et du bon sens, eurent peu d'importance; dans sa difficile situation, l'opposition parlementaire, de 1820 à 1827, s'acquitta bien de sa mission; elle usa fermement de ses propres libertés et défendit avec persévérance celles du pays. Malgré ses ménagements pour

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les tentatives révolutionnaires du dehors, elle ne se livra point elle-même à l'esprit révolutionnaire, et ce ne fut point ce fatal esprit qui grandit dans les Chambres par les luttes qu'elle y soutint; l'esprit de légalité et de prévoyance, le respect de Tordre constitutionnel et du gouvernement régulier y furent, au contraire, en rapide progrès. Si bien qu'en moins de sept années l'opposition libérale vit sa bonne conduite récompensée et ses efforts couronnés par le succès. Les vices et les périls de la politique qui dominait depuis 1822 furent reconnus; le parti de l'ancien régime perdit le pouvoir; et dans la personne de M. de Martignac et de ses collègues, une simple évolution parlementaire ramena,

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en 1827, le gouvernement dans les voies libérales dont, en 1830, Télection de M. Grégoire et l'assassinat du duc de Berry l'avaient fait sortir. Grand triomphe, à coup sûr, pour la liberté politique nais-« santé, et preuve éclatante de son efiicacitéà Mais, pendant qu'au centre du gouvernement, et par sa propre vertu, le régime parlementaire prévalait ainsi et portait ses fruits, quelque divers qu'en fussent les acteurs, les conspirations et les insurrections révolutionnaires troublaient sans cesse ses progrès, et mettaient les coupa de la violence et du hasard à la place des développements naturels de la libertés « Aujourd'hui, à plus de trente ans de tlislance, après tant et de bien plus grands

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événements^ quand un honnête homme sensé se demande quels motifs suscitaient des colères si ardentes et des entreprises si téméraires^ il n'en trouve point de suffi** sants ni de légitimes. Mi les actes du pou« voir« ni les probabilités de Tavenir ne blessaient ou ne menaçaient assez les droits et les intérêts du pays pour autoriser un tel travail de renversement. Le système électoral avait été artificieusement changé; le pouvoir avait passé aux mains d'mi parti irritant et suspect; mais les grandes institutions étaient debout; les libertés pu-^ bliques, bien que combattues, se dé-^ ployaient avec vigueur; le pays prospérait et grandissait régulièrement. Inquiète, la société nouvelle n'était point désarmée ;

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