PARIS
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Parmi les lieux qui ont reçu, à la suite de la quatrième croisade, et conservé jusqu'à nos jours une partie des dépouilles religieuses de Constantinople, il convient de citer Vicence. Ce n'est pas que les habitants de cette ville aient pris part à l'expédition de 1 204 et à la distribution de trésors pieux qui suivit la prise et le sac de Byzance ; mais postérieurement, et à d'assez longs intervalles, quelques-uns de ces objets sacrés furent recueillis, à la suite d'une double translation, par les sanctuaires vicentins.
En 1259, un évêque de Vicence, le bienheureux Barthélémy de Breganze, qui avait, en qualité d'évèque de Limisso, suivi onze ans auparavant saint Louis en Terre Sainte, reçut de ce prince,
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qu'il était venu visiter à Paris au retour d'une ambassade en Angleterre, diverses reliques tirées du trésor de la SainterChapelle ^ Parmi ces reliques était une sainte Épine, pour laquelle on bâtit à Vicence l'église de la S. Corona.
Quelques années après (avant 1270), le même prélat reçut, en don ou en legs, de Filippa, veuve de Marino Morosini, un magnifique reliquaire byzantin en forme de tabula^ que ce Morosini avait rapporté de Gonstantinople *, et qui fut déposé dans la même église.
Enfin, au commencement du xvi® siècle, un autre évêque de Vicence, Pietro Dandolo, descendant du grand doge de 1 204, sur le point de passer au siège de Padoue, fit présent à la cathédrale qu'il quittait d'un fragment important de la Vraie Croix, conservé dans sa famille depuis plus de deux cents ans, c'est-à-dire depuis les derniers temps de l'empire latin de Gonstantinople ^.
Ces divers apports sont moins remarquables en eux-mêmes que par les particularités qui les signalent à l'attention ; les deux prenoders, en effet, ont donné naissance à de nombreux et intéressants documents dont j'ai parlé ou parlerai