‹ Trois légendes de mon paysChapitre 10 sur 25 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

qu’on ne retrouve plus dans les relations et chroniques d’une date un peu plus récente. Les Toudamens n’étaient autres que les Iroquois, ennemis des nombreuses tribus algiques ou algonquines, répandues dans toute l’étendue de la vallée du Saint- Laurent et sur les bords des rivières Saint- Sean, Pénobscot et Kennébec.

Par le mot Hongueclo, Cartier désigne la péninsule gaspésienne, à l’extrême nord de l’ancien pays souriquois ou acadien.

Lescarbot précise encore ce renseignement. Le Routier de Jean Alphonse Xanctoine appelle la baie de Gaspée Oguedoc ; c’est évidemment un même mot différemment dit et écrit.

Le langage de toutes nos tribus sauvages a subi et subit encore — dans les mots, mais dans les mots seulement, car la construction grammaticale ne varie point — de profondes modifications ; à ce point qu’on compte au moins quinze à vingt dialectes, se rattachant tous à la languemère, qu’on croit être (c’est une question) la langue des Algonquins proprement dits.

Dès le temps des commencements de

Port Royal d'Acadie, (qui n’a rien à démêler avec Port-Roy al des Champs, malgré ce qu’en ait pu rêver l’imagination fertile d’un romancier moderne) Lescarbot, parlant de quelques mots et phrases sauvages transmis par Cartier, disait des Souriquois, dont il avait appris la langue : — «Aujourd’hui ils ne parlent plus ainsi ».

De ces modifications successives et rapidement produites, sont venues des difficultés d’interprétation et des divergences d’opinion qui forcent à adopter certaines appellations génériques, maintenant consacrées par l’usage, sans tenir compte des périodes de temps et des différences de langage.

Pour la même raison, on se sert des noms de lieux et d’objets qui ont prévalu, et cela sans toujours se préoccuper des concordances chronologiques et ethnologiques. Je suivrai cette méthode. C’est ainsi que j’emploierai les mots Micmac et Maléchite, bien que, dans leur forme actuelle, ils fussent* inconnus aux chroniqueurs des époques dont il est question dans ces histoires.

Il suffit, pour le pittoresque du récit, pour conserver à notre littérature nationale

Page 1