‹ Trois légendes franciscaines de l'an 1629 [microforme]Chapitre 3 sur 14 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Au mois de jantier 1915, le frère Gilles quittait Montréal pour Rome. Le train rapide dérobait à ses pieds, lambeau Dar lambeau, — je transpose à la troisième personne une lettre du voyageur — Ia terre Canadienne, cette terre de chez-nous qui, du fond des horizons, ACCourait 8e mettre sur son Passage pour rythmer con mestizia cette bribe de la vieille chanson de Marlborough : “Ne sait quand reviendra”, que lui Chantaient alors Obstinément des souvenirs d'enfance.

Et lorsque, le matin du 6 janvier, laissant le quai de Brooklyn il vit, dans les brûmes pâlissantes de l'aurore, s’enfoncer peu à Deu les édifices et les clochers de Nerv York, derrière lequel il distinguait très loin, là-bas, le Canada, avec son vieur couvent de briques rouges appuyé sur la jeune chapelle de Pierres grises, lorsqu'il vit tout cela descendre et dispaître derrière cet horizon marin qui nous suit el se renourelle toujours et toujours monte comme Pour submerger tout le passé, il sentit monter en lui aussi, comme des vagues, les énergies d’un amour du sol natal qu'il ne soupconnait ni si violent ni si profond. Cette découverte n'était-elle pas une grâce Consolatrice? Notre v0yageur le crut et pensa que le Prophète-Roi seul Doutait lui prêter des accents dignes à la fois de la Haute Majesté du Sei- 9neur et du prix inestimable de son don pour lui en exprimer sa reconnaissance.

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