A TOUS MES AMLS DES ÉTATS-UNIS
Monsieur le Président, Mes chers amis,
Les Fi-ançcds de là-bas dont f al éprouvé en toute occasion la sympathie et le dévouement, celui même qui n'a pas été un seul jour sans ni apporter le soutien de son affection y les conseils de son expérience et la joie de son esprit — je veux parler du professeur Adolphe Colin — ne trouveront pas mauvais que f inscrive en tète de ces pages, au lieu de leurs noms.^ vos noms et votre souvenir.
Vr IMIEFACE
C est de votre pays que je parle : cest à i'ous que ce livre doit aller d'abord. Je l'ai écrit pour vous, plus encore que pour mon pays. J\iurais pu causer en France de mon voyage^ sans rien imprimer. Mais f ai voulu qu'on connut chez vous tout ce que je dirais. Je n aime pas à parler des gens., quand ils ont le dos tourné.
Je ne puis me flatter^ après trois mois de séjour^ d'apprendre V Amérique aux Français ; mais je puis montrer aux Américains comment a réagi ma nature française en présence de leur civilisation.
Comme, dans la Conférence qu'on trouvera en appendice, je vous ai parlé de la France avec liberté^ quoique avec amour et avec espoir, j'ai confiance aussi, mes amis de New-York, de Boston et des autres villes, que si vous jetez les yeu.r sur ces pages y vous saurez découvrir ma sympathie dans ma sincérité. Je sais que vous n'avez pas peur d'une parole franche, d'une pensée qui s'ouvre, et que vous ne quêtez pas plus les compliments que vous n'en faites. Je suis
PREFACE Vit
.S7Y/' que vous setitifez, et que tout Français sentira r affection profonde et la forte admiration que ni\i données pour la nation des Etats-Unis le commerce d'un petit nombre d'hommes quiy pendant quelques semaines^ Vont représentée à mes yeux.
Il était fatal que certaines choses étonnasseiit un esprit façonné par une éducation française, choquasscntdes habitudes formées par la vie française, fai dit tout comme je lai vu, comme je Vai senti^ sans déguisement^ et sans prétendre d'ailleurs avoir raison dans mes étonnements et mes malaises.
On n'a aucun mérite à aimer le parfait. Il faudrait avoir V esprit gâté et le cœur mauvais pour refuser l'amour h la perfection. On le lui doit ; elle l'attire comme automatif/uemejit. Mais voir les imperfections, les manques et les faiblesses, et passer outre en raison du bien quon aperçoit, il y a là un acte de liberté ; V affection devient un choix de la raison et de la volonté, et il entre ainsi un peu de don gratuit dans les sentiments les plus justes.
vin imu:iac;l
('i\sl /le celle façon que bleu c/t,s ^r/fo, vliez vous^ aiment la France : et quoique y dans notre fierté nationale, nous soyons bien convaincus que voire sympathie ne s'égare pas et ne va pas au delà de la mesure^ nous nous sentons obligés envers vous comme d'une faveur qui nous crée une dette.
GusTA VE Lan SON.
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