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CHAPITRE III

HORS D'EUROPE

Août 1915.

Turquie d'Asie. — - A la Chambre des Communes, M. Chamberlain a fait la déclaration suivante au sujet des opérations dans la vallée de l'Euphrate, entre Souk-ech- Cheiouck et Nasriyeh :

Le 24 juillet, les forces anglaises ont attaqué et occupé successivement les positions avancées et la position principale de l'ennemi. Le même soir, une canonnière a bombardé Nasriyeh, obligeant les Turcs à battre en retraite durant la nuit, vers le Nord. Nos troupes ont occupé la ville dans la matinée du 2.5.

Dès le commencement du combat du 24, nous avons pris 11 canons, 2 mitrailleuses et fait plusieurs centaines de prisonniers ; nous avons trouvé 5oo cadavres de soldats turcs dans la position principale.

Nos pertes sont évaluées à 3oo ou 400 hommes.

Cameroun. — Les troupes ont pris successivement Garua et Ngaundéré dans le nord du Cameroun et remporté un nouveau succès le 18 juillet en occupant le poste important de Tingere, qui se trouve à l'ouest de la colonie, sur un plateau, à 1 i3o mètres d'altitude, à peu près à mi-distance entre Ngaundéré et Kontscha.

L'ennemi, qui s'était enfui, est revenu le 23 juillet, renforcé par une compagnie qui venait de Banjo. Il a vivement attaqué la garnison alliée qui, après un très brillant engagement, l'a repoussé et mis en fuite dans la direction de Tibati. Les pertes des alliés ont été légères : celles des ennemis importantes. Ils ont abandonné sur le terrain les cadavres des tirailleurs tués.

Après de violents combats et une poursuite qui a duré du 23 au 24 juillet, notre colonne de droite venant du Nord a

HORS D'EUROPE

occupé le poste sérieusement fortifié de Dume-Station. Cette attaque venant du Nord alors qu'ils l'attendaient du Sud, avait si complètement désorienté les Allemands que, le 24 au matin, ils abandonnaient la formidable position de N'Djani, ainsi qu'une suite de postes très solidement fortifiés entre Nombi- Dume et Ngilabo-Dume. Dans leur retraite et de peur d'être coupés, ils jetaient la majorité de leur convoi dans la rivière et se laissaient piller par les indigènes. Les troupes en retraite de N'Djani ayant été grossies par le groupe des fuyards de Bertua tentèrent, dans la nuit du 23 au 24 un retour offensif à Sokal. Elles furent repoussées. La résistance allemande dans cette région a été très vive. En quittant Dume-Station, l'ennemi y a mis le feu. Mais il avait établi sur un mamelon dominant la ville abandonnée et incendiée par lui une forte arrière-garde avec canon et mitrailleuse. Nos troupes l'en ont délogé après un combat opiniâtre et l'officier européen qui la commandait a été fait prisonnier le lendemain.

A la suite de la prise de Dume-Station, une colonne légère française, ayant canons et mitrailleuses, s'est portée sur Abong-Mbang, qu'elle a enlevé le 29 juillet, après un vif combat contre i'arrière-garde ennemie.

Il semble que l'ennemi, au lieu de se replier sur Jaunde, ait une tendance à gagner plus au Nord et à vouloir organiser la résistance entre Ngila et Joko. Ce n'est, au dire des déserteurs, qu'en promettant à leurs troupes d'aller vers Joko qu'il a pu éviter leur débandade.

Afrique australe. — Le calme régnait à la frontière rhodésienne de l'Est africain allemand au 24 août, mais après la victoire du général Bothadans le Sud-Ouest, les Allemands ont renouvelé leur activité dans l'Est africain, ayant évidemment en vue une attaque contre le territoire britannique, car on a appris que deux contingents importants de troupes européennes allemandes se mettaient en mouvement, l'une de Bismarckbourg, au sud du lac Tanganyika, l'autre de Neu- Langenbourg, au bord du lac Nyassa, avançant à la fois vers les territoires britannique et belge.

Des mesures ont été immédiatement prises pour renforcer les troupes de la frontière rhodésienne, tandis que les renforts belges accouraient hâtivement.

Le gouvernement de l'Union du Sud-Àfrique a envoyé également des troupes pour la protection du Nyassaland.

FAITS DE GUERRE

Ces diverses mesures semblent avoir arrêté la marche de l'ennemi.

Septembre 1915.

Mésopotamie. — La bataille de Kut-al-Aniara. — Les opérations de la 6e division le long du Tigre ont été entièrement couronnées de succès. La position ennemie qui se trouvait à sept milles à l'est de Kut, s'étendait le long des deux rives du Tigre, couvrant environ six milles sur la rive gauche.

L'objectif de l'attaque était très bien conçu : une colonne volante, composée de deux brigades, après avoir fait une démonstration le 27 septembre, est passée de la rive droite sur la rive gauche et, à l'aide d'une marche forcée, a atteint la gauche ennemie, dont une partie a été emportée après un vaillant assaut, vers 10 heures du matin. Après une violente opposition, le reste de cette position a été pris vers 14 heures.

A la nuit tombante, ce contingent s'était avancé à l'ouest de la position ennemie, fortement retranchée, dans laquelle les ennemis avaient été tenus bloqués toute la journée par une autre brigade. Les troupes ont bivouaqué sur leurs positions.

Pendant tout le jour, des automobiles blindées et la cavalerie qui gardait le flanc gauche avaient été engagées contre la cavalerie turque.

Les pertes turques en tués sont très importantes; leurs tranchées, qu'ils avaient défendues avec la plus grande ténacité, étaient remplies de cadavres.

De nombreux canons, des fusils, plusieurs centaines de prisonniers et une grande quantité de munitions ont été pris. Les pertes anglaises sont inférieures à 5oo hommes.

Un télégramme ajoute qu'une position ennemie devant Kut-al-Amara a été prise avec de nombreux prisonniers et des canons : « L'ennemi est en pleine retraite vers Bagdad; nos forces le poursuivent ».

Rhodésie africaine. — Depuis trois mois, les troupes noires du Congo belge ont livré d'importants combats à côté des Anglais en Rhodésie.

HORS ^D'EUROPE

Le Ministre belge des Colonies donne sur les opérations le communiqué suivant :

Le vice-gouverneur général du Katanga annonce que les troupes belges opérant avec les forces britanniques en Rhodésie ont livré un premier combat le 28 juin, à Saisi, à 35 kilomètres à l'est d'Abecorn. Les Allemands renouvelèrent leurs attaques contre la position de Saisi le 26 juillet. Le combat se prolongea jusqu'au 3 août. L'ennemi fut repoussé après avoir éprouvé des pertes sensibles, dont 60 Européens tués. Nos troupes coloniales ont combattu avec une grande vaillance. Les forces allemandes engagées à Saisi s'élevaient à 2000 hommes, avec 18 canons et mitrailleuses.

Octobre 1915.

Est africain. — A la frontière du Congo belge et de l'Est africain allemand, les troupes belges ont mis en déroute un détachement allemand fort d'un millier d'hommes, dont cent cinquante blancs. Voici le communiqué officiel du Ministère belge des Colonies.

Dans le courant du mois de septembre, les Allemands ont poussé des reconnaissances offensives sur le front de la rivière Ruzzi, au bord du lac Tanganyika. Une de ces opérations a donné lieu à un engagement, le 11 septembre, non loin du delta de la Ruzzi. L'ennemi fut repoussé avec pertes et ramené jusqu'à la frontière. Mais, le 29 septembre, un engagement particulièrement violent s'est produit près de la station frontière de Luvungi, que les Allemands attaquèrent avec des forces importantes pourvues d'artillerie et de mitrailleuses.

L'action dura quatorze heures. Elle fut vivement disputée. Nos troupes restèrent maîtresses du champ de bataille et l'ennemi ne put se retirer qu'à la faveur de la nuit, en emportant plusieurs blancs tués et de nombreux blessés blancs et noirs. Il a laissé sur le terrain deux officiers européens et soixante-six soldats noirs tués. Nos troupes se sont emparées d'une mitrailleuse, de fusils, de munitions et d'un nombreux matériel.

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