EXPORTATIONS
Objets d'alimentation Fr. + 2.541.000
Matières nécessaires à l'industrie -f n.5o6.ooo
Objets fabriqués -j- 2.3n.ooo
Colis postaux — 30.871.000
Différence pour 1915. ... Fr. — I4.5i3.coo
EN FRANCE
Il suffit de lire avec un peu d'attention les chiffres précédents pour se rendre compte des modifications subies par le commerce extérieur depuis le premier mois de guerre.
Les importations ont progressé énormément (600 millions en chiffre rond de plus en août 191S qu'en août 1914), et ce résultat, qui montre l'importance du tribut que nous devons payer à l'étranger, aussi bien pour les produits agricoles que pour les matières premières ou les objets fabriqués, n'est pas de ceux dont il faille se féliciter pleinement.
Quant à nos exportations, elles sont restées à peu près stationnaires.
La liquidation à la Bourse. — Le Journal Officiel publie le décret suivant :
Article premier. — Les intérêts moratoires dus à raison des opérations à terme effectuées dans les bourses de valeurs et dont le règlement a été ajourné seront exigibles à partir du 2 octobre prochain.
Art. 2. — Les différences dues à la suite de la liquidation qui aura lieu à la fin du présent mois, seront payables, savoir :
10 0/0 le jour des règlements de ladite liquidation et 10 0/0 les jours des règlements des liquidations de fin octobre igi5 à fin juin 1916.
Quant aux différences qui seront dues à la suite des liquidations postérieures à celles de la fin de septembre, elles seront exigibles lors de ces liquidations, conformément aux règlements en vigueur.
Art. 3. — Les débiteurs pourront conformément à l'article 1244, paragraphe 2 du Code civil, obtenir des délais supplémentaires. Le président du Tribunal civil statuera par ordonnance de référé, exécutoire nonobstant appel.
Art. 4. — Les sommes dues de la fin d'octobre 191 5 à la fin de juin 1916, ainsi que celles pour lesquelles des délais supplémentaires auront été accordés par le président du Tribunal civil, seront augmentées d'intérêts moratoires à raison de 6 0/0 par an.
Art. 5. — Les dispositions de l'article 69 du décret du 7 octobre 1890 seront applicables aux débiteurs qui n'auront pas rempli les obligations résultant des articles ci-dessus.
Art. 6. — Sont suspendues provisoirement toutes demandes en paiement à l'égard des débiteurs présents sous les drapeaux ou habitant des portions du territoire envahi.
Art. 7. — Sous réserve des dispositions ci-dessus concernant le paiement des intérêts moratoires et les différences, demeurent provisoirement suspendues, sauf à l'égard des sujets des nations ennemies, toutes demandes en paiement et toutes actions judiciaires relatives aux ventes et achats antérieurs à la publication
DIPLOMATIE ET POLITIQUE
du présent décret, de rentes, fonds d'Etat et autres valeurs mobilières, ainsi qu'aux opérations s'y rattachant.
Septembre 1915.
Le voyage de M. Poincaré. — Le Président de la République, accompagné de M. Albert Thomas, sous-secrétaire d'État des munitions, a quitté Paris pour aller visiter, à Lyon, à Saint-Étienne et dans plusieurs autres communes de la région, Oullins, Firminy, Le Chambon, etc., les usines qui travaillent pour la défense nationale.
Nulle part le travail n'a été interrompu pendant la visite. Le Président s'est entretenu avec les industriels, les officiers d'artillerie et les ouvriers. Il s'est fait rendre compte de la situation quotidienne des fabrications et des améliorations projetées. Il a remercié les chefs d'industrie, les ingénieurs, les ouvriers de leur concours patriotique et il a insisté partout sur la nécessité de donner à la production une activité croissante.
Le Président et le sous-secrétaire d'Etat ont également visité les ateliers de construction de Lyon, le parc d'artillerie de la place, la manufacture d'armes de Saint-Étienne, ainsi que des usines de produits chimiques, occupées à fabriquer des explosifs.
Au cours de son voyage, le Président a remis plusieurs drapeaux à de nouveaux régiments de la division marocaine.
Il a, à cette occasion, adressé aux troupes de cette division l'allocution suivante :
Officiers, sous-officiers, soldats, zouaves et tirailleurs. Le lendemain du jour où la France fut odieusement attaquée par un empire qu'elle n'avait jamais provoqué, et dont la folie d'orgueil était une perpétuelle menace pour la paix du monde, vous avez, à l'appel du Gouvernement de la République, quitté la belle colonie naissante que l'Allemagne nous a si âprement disputée, et vous êtes venus participer à la défense de la mèrepatrie.
Durant l'année qui a suivi, et qui a enrichi de tant d épisodes sublimes notre histoire nationale, la division marocaine n'a pas un instant cessé d'être à la peine et à l'honneur.
Dans cette gigantesque bataille de la Marne, où tous les efforts
EN FRANCE
harmonieusement groupés sous la direction du général en chef ont brisé l'offensive allemande, vous avez lutté, du 6 au 10 septembre, au sud des marais de Saint-Gond, vous avez repoussé les assauts opiniâtres de la garde prussienne et prêté à la victorieuse manœuvre de la 9e armée un concours d'une valeur capitale.
Plus tard, au mois de janvier, une de vos brigades combattait héroïquement dans la région de Nieuport; le 7e tirailleurs pénétrait d'un bond dans les tranchées du Polder et une de ses sections, qui avait enlevé la Grande-Dune, se faisait tuer sur place jusqu'au dernier homme, pour ne pas reculer.
Vos exploits n'ont pas été moins éclatants dans la bataille d'Arras, puisqu'à deux reprises, le 9 mai et le 16 juin, vous avez, dans un irrésistible élan, percé les lignes allemandes, puisque, malgré la formidable organisation des « ouvrages blancs », malgré les feux croisés des mitrailleuses, malgré la mort glorieuse de vos deux commandants de brigade, vous avez ouvert dans les positions ennemies deux brèches successives profondes, l'une de trois kilomètres, l'autre de quinze cents mètres, et atteint triomphalement les hauteurs de Givenchy.
Des ordres élogieux ont rendu hommage à votre inlassable énergie, à votre vaillance, à votre ténacité et mes félicitations ne font aujourd'hui que consacrer celles de vos vaillants chefs.
Les drapeaux que je confie à la garde vigilante de vos régiments, ne peuvent être remis à des mains plus sûres et plus fermes que les vôtres. La France, qui est fière de votre bravoure et de vos succès, est certaine que ces enseignes conduiront vos belles troupes à des victoires nouvelles.
Après cette remise de drapeaux, le Président a parcouru, en Haute-Alsace, la partie du front qui s'étend au nord, à l'est et au sud-est de Dannemarie. Il est reparti pour Paris dans la soirée et y est rentré hier matin.
Déclarations de M. Ribot à la Chambre des députés. —
Le 16 septembre, à propos du projet de loi sur les douzièmes provisoires qui a été voté à l'unanimité, M. Ribot, interrogé sur son programme relativement à l'emprunt et des futurs impôts, dit, après avoir indiqué les causes de la progression des dépenses de guerre :
Je ne puis promettre d'apporter à l'heure actuelle un budget complet. Il n'y a pas de pays belligérant où l'on fasse, à l'heure où je parle, un budget complet. Je ne puis pas m'expliquer, non plus, de façon complète sur le futur emprunt. Aujourd'hui, plus de huit cents millions d'or sont entrés dans la caisse de la Banque. Cela prouve d'une façon éclatante que le pays tout entier est avec nous. Demain, nous devrons faire appel à la petite et à la grande épargne. Je suis également sûr qu'elles viendront à
nous. Mais, nos disponibilités sont telles, que nous ne devons pas envisager un emprunt de suite. Je n'ai pas non plus la liberté de m'expliquer sur la question des impôts futurs. Si je retarde mes explications, ce n'est pas pour les éluder, mais avec l'intention formelle de les donner plus décisives et plus complètes. Nous ferons avec calme tout notre devoir. Nous trouverons tout l'argent nécessaire. Travaillons tous à la défense du pays, c'est ainsi que nous arriverons à la victoire finale.
Le lendemain, le Ministre a dit à un écrivain du Journal :
L'emprunt est prochain, mais je ne déposerai le projet de loi qu'après le vote des douzièmes, c'est-à-dire au commencement d'octobre.
Nous ne sommes pas pressés de le faire par des nécessités de trésorerie, car les bons et obligations de la Défense nationale continuent à nous fournir d'abondantes ressources.
D'autre part, il est bon que nous laissions se produire les effets utiles de la prochaine liquidation en Bourse qui doit avoir lieu le 3o de ce mois. Et puis c'est une grosse affaire que d'organiser matériellement l'émission d'un emprunt. Je me vois obligé d'occuper de nouveaux locaux où nous pourrons installer le service des émissions du Trésor. Ce service étouffe en ce moment au Ministère des Finances.
Songez que, depuis un an, nous avons émis pour douze milliards de bons de la Défense nationale, dont il reste en circulation près de neuf milliards, et pour plus de trois milliards d'obligations. Le nombre des formules de bons que la Caisse centrale a reçu, vérifié, timbré, pris en charge comme valeurs de portefeuille et expédié en province, au fur et à mesure des demandes, dépasse huit millions et demi.
Les émissions d'obligations ont donné lieu, de leur côté, à la manutention de plus de quatre millions neuf cent mille titres provisoires et de cinq millions de titres définitifs.
Vous voyez quelle besogne considérable a été imposée à la Caisse centrale en dehors de son travail ordinaire, que la guerre a d'ailleurs augmenté dans des proportions énormes.
On aura une idée de cet accroissement par le rapprochement de deux chiffres. La masse des opérations de recettes et de dépenses effectuées par la Caisse centrale, ou pour son compte, qui, avant la guerre, se maintenait à trente-huit milliards, s'est élevée, pendant la première année de guerre, à soixante-trois milliards.
C'est merveille que les services ainsi surchargés aient pu fonctionner sans accident grave. Si le public se plaint quelquefois d'un peu de retard, vous voyez qu'on peut avoir quelque indulgence pour notre personnel.
Je ne veux pas créer de cadres nouveaux. Tout sera fait par
EN FRANCE
des employés auxiliaires que nous avons déjà recrutés et dont le nombre s'augmentera nécessairement pendant les opérations de l'emprunt.
Nous pourrons ainsi, quand le moment sera venu, licencier ce personnel. Mais il est essentiel que nous donnions, en ce moment, au public toutes les facilités possibles et que nous mettions un ordre absolu dans toutes ces opérations.
Au parquet des agents de change.
Tableau de la Bourse avant la guerre et depuis la guerre. (Fonds d'États. Institutions de crédit, etc.)
30 Juin
oi Juillet
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31 Décembre
31 Janvier
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Banque de France . .
Comptoir d'Escompte.
Banque de Paris . . .
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société uenerale . . .
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Banque d'Algérie . . .
Banque du Mexique .
Lyon
Midi
Nord