‹ Trois mois de guerre, août-septembre-octobre 1915Chapitre 9 sur 34 · RÉSUMÉ DES OPÉRATIONS MILITAIRES SUR LE FRONT SERBE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES OPÉRATIONS MILITAIRES SUR LE FRONT SERBE

Rapport d'ensemble du quartier général serbe, sur les opérations de l'armée serbe du 6 au 24 octobre. En voici la partie essentielle.

Après un bombardement systématique de la population civile par les aéroplanes ennemis dans les villes frontières, durant quinze jours, l'ennemi ouvrit le 6 octobre un feu intense avec des pièces de gros calibre de 3o5 et même de 38o, contre nos positions le long de la Save et du Danube, s'efforçant de faire passer une partie de ses troupes d'avant-garde sur notre rive, sous la protection de cet ouragan de feu. Toutes ces attaques furent balayées par la résistance de nos troupes de couverture.

L'ennemi, ayant tiré plusieurs dizaines de milliers de grenades, réussit à faire passer, à l'aube du 7, quelques détachements de ses troupes près de Ram, Belgrade, Zabrez et au nord de Chabaz. Le passage près de Belgrade fut le mieux préparé, car l'ennemi

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tira ici plus de 5o ooo grenades. Malgré tout cela, nos troupes sont restées sur leurs positions.

Dans la journée du 7, le combat a continué, très acharné, sur toutes les positions.

Nos troupes ont fait des attaques très énergiques, mais, étant donné le front très large sur lequel les combats se sont déroulés, Pennemi a réussi à passer jla Save, près de Belgrade, à l'île des Tziganes, et il a pu s'emparer, le 8 octobre, de nos positions à l'ouest de la ville. Du côté est de la ville même, les combats ont continué, en partant de la rive du Danube jusque dans les rues et dans les maisons ; et l'ennemi n'a pas pu obtenir une décision jusqu'au 9, date à laquelle il a réussi à s'emparer de Voliki-Vraciar.

Pendant ce temps, grâce à son artillerie, l'ennemi a pu se retrancher sur la rive même de la Save, près de Zabrez, et dans un autre coin, près de Ram, en avançant très peu à l'intérieur et en s'emparant en outre de la crête ^septentrionale des hauteurs entre la Morava et la Mlava, ainsi que de la rive droite du Danube, en face du village de Fetka, au nord de Pesarevatz. Sur la Save, au nord de Chabaz, auprès du village de Drenovatz, l'ennemi n'a pas pu faire un seul pas de sur rive droite de la rivière.

Étant donné les localités où l'ennemi avait effectué son passage, étant donné le nombre de ses effectifs et le fait même que de ce côté-là il n'y avait que des troupes allemandes exclusivement, on voyait bien que l'ennemi aurait dirigé ses opérations principales par la vallée de la Morava.

Les combats qui se sont déroulés entre le 9 et le 12 octobre l'ont démontré de la façon la plus évidente. Pendant six jours, des combats très [acharnés ont eu lieu au sud de Ram, près de Kostolaz, dans les alentours de Lipe et au nord de la ville de Semendria.

La presse allemande elle-même a reconnu la résistance acharnée de nos troupes. La prise de quelques villages et de quelques points stratégiques a été annoncée par les communiqués ennemis comme s'il s'était agi de l'occupation de régions entières.

Dans la direction de Belgrade, des combats très acharnés ont été ainsi engagés et l'ennemi n'a pas obtenu des résultats effectifs. Les opérations de nos troupes dans cette direction ont été dirigées en conformité de ce qui se passait sur le front de la Morava.

Près de Zabrez, l'ennemi a attaqué à trois et à quatre reprises dans un seul jour. Les attaques étaient toujours précédées par un feu intense d'artillerie, et elles étaient aussi accompagnées par l'usage de gaz asphyxiants. Tout cela a été inutile. L'ennemi n'a pu réussir a avancer d'un seul pas.

Toutes ces attaques n'eurent d'autre résultat que de grandes pertes subies par l'ennemi, qui laissa dans nos mains mille soldats environ, parmi lesquels plusieurs douzaines d'officiers.

A Drenovatz et sur la Drina inférieure, l'ennemi n'a eu aucun

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succès. Devant notre résistance, il a été obligé de transporter des troupes fraîches sur le front de la Morava, ce qui a provoqué les combats les plus sanglants.

L'ennemi ayant fait participer au combat quinze divisions, on peut affirmer, par conséquent, que son infanterie était trois fois supérieure à la nôtre. En outre, l'ennemi avait la même supériorité pour l'artillerie : chaque division disposait d'un nombre de pièces deux ou trois fois supérieur au nôtre. Malgré tout cela, l'ennemi avançait très lentement et il était obligé d'engager des combats pour chaque colline et pour chaque village rencontré dans sa marche.

Les combats autour de Vusciak, Semendria, Lipe et autour des positions d'Anatemas et Dusonik ralentirent tellement l'avance de l'ennemi que nos troupes, dans la journée du i5 octobre, se trouvaient sur la ligne Petrjievo-Vusciak-Pozarevaz, ligne qui s'étend à 6 kilomètres seulement du passage principal de l'ennemi sur le Danube.

Jusqu'à la journée du i5 octobre, l'ennemi n'avait obtenu le moindre succès dans la direction de Belgrade. A Zabrez et à Chabaz, se trouvaient seulement des troupes austro-hongroises, inférieures en tout aux troupes allemandes.

Dans la direction de la Morava et dans les autres directions, les combats ont continué avec un grand acharnement, de telle façon que le 24 octobre, après dix sept jours de lutte, nos troupes occupaient la ligne Svilasinaz-Lazarevafi-Valjevo-Liuboviza, à savoir à 40 kilomètres de la Save et du Danube.

L'agression bulgare. — Le 11 octobre, les Bulgares nous ont attaqués sur toute la ligne de frontière, en commençant leurs attaques par la prise de Kadibogaz, dans la direction de Knjazevaz. La déclaration de guerre du gouvernement bulgare fut communiquée au gouvernement serbe seulement le 12 octobre. Ainsi, nous avons dû combattre sur le front de la Bosnie, sur une étendue de 160 kilomètres; sur le front de la Save et du Danube, sur une étendue de 25o kilomètres, et du côté de la Bulgarie, sur un front de 460 kilomètres, c'est-à-dire sur un front total de 900 kilomètres environ.

Avec l'entrée en scène de la Bulgarie, les forces ennemies complexivement dirigées contre la Serbie montent à onze divisions allemandes, quatre autrichiennes et huit bulgares. L'effectif des divisions bulgares est double de celui des divisions allemandes. Malgré tout, nos troupes se battent sur tout les fronts avec une fierté sublime et un grand enthousiasme. Les Bulgares ont dirigé la moitié de leurs forces sur les frontières de la Vieille-Serbie, mais, malgré cela, ils n'ont pu avancer au delà de la ligne de frontière, sauf dans la région montagneuse dans la direction de Saint- Nicolas, où ils ont avancé sur une ligne d'une dizaine de kilolomètres sur notre territoire, et dans la direction de la Morava méridionale, où ils se sont emparés de Vranja.

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Dans la nouvelle Serbie, les Bulgares ont eu des succès plus appréciables. De ce côté-ci, les opérations de nos troupes réalisent leur liaison avec les opérations des troupes alliées selon un plan commun.

Les communiqués austro-allemands et bulgares annoncent le 19 l'occupation de la vallée de Bregalnitza, la chute de Velès; le 21, celle de Yolassa ; le 22, celle de Zaitcha, des sommets de Kitka, et parlent de nombreux soldats et canons pris.

Front monténégrin.

Communiqué monténégrin du 21 octobre :

Des bandes albanaises, ayant franchi la frontière, près de Ziave, ont été iispersées par les troupes monténégrines. Les Albanais ont laissé de nombreux morts et blessés sur le terrain.

Communiqué du 29 octobre :

Les Autrichiens ont augmenté considérablement leurs forces, après l'échec de leur tentative de traverser la Drina méridionale dans le district de Vichegrad. Le 25 octobre, ayant reçu des renforts, ils attaquèrent à nouveau tout notre front et réussirent à passer la rivière près de Vichegrad Sur tous les autres points, ils ont été repoussés avec de lourdes pertes. Le 27 octobre, leur mouvement a été arrêté par notre occupation du mont Gora. Le combat continue.

Communiqué du 3o octobre :

Les Autrichiens ont pris le mont Gora. Les Monténégrins se sont retirés sur une autre hauteur, maintenant le contact avec l'ennemi. Duel d'artillerie sur la Drina.

Les Français à Salonique. — Le 6 octobre, nos troupes débarquent à Salonique et prennent un contact presque immédiat avec des détachements serbes.

Communiqué de l'armée d'Orient :

Dans la journée du 22 octobre, les Bulgares ont attaqué sur tout le front les forces françaises occupant la région de Stroumitza; ils ont été complètement battus.

Les informations d'après lesquelles les Français auraient été rejetés sur la rive droite du Vardar sont fausses.

Le 23, les troupes françaises attaquent les trois divisions bulgares du général Tenief sur le front Gradée- Valandovo- Rabrovo, au sud-ouest de Stroumitza, et les mettent en déroute vers la frontière serbo-bulgare.

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