SCÈNE V
ULRIC, LA BAUONNfc:.
LA BARONNE
Vous ne craignei donc pas, monsieur, la colère de votre colonel?
ULRIC
Beaucoup, madame: mais je craignais encore davantage de ne pas vous voir.
LA BARONNE
C'est irés-aimable à vous; cependant je serais
MAGASIN rnf.ATRAl..
d(^»olÿc i]u'il ïou» .irrit'Jl quelque cliose de (S- Hieui.
ÜLIIIC.
Que pcul-il m’arriver de plu* fâcheux» que de penser au bonheur dont vont jouir vo* invité*, landi* qucmoi?...CV*l abominable de la part du colonel.
l\ RARO^i^B.
Ah! marquis, vous avez fait esclandre dan* U rue; j’ai su de vo* nouvelle*,
ULRlC.
i'al repoussé le guet.
LA BARONNE
Battu, monsieur, battu...
UIHIC.
Battu, madame; oui c’est vrai... Le* brutaux! venir faire 4u bruit sous vo* fenêtre* quand vous étiez indisposée !
U BABONNB, à part.
Pauvre jeune homme!... (/faut.) Votre vUite toc flatte beaucoup, monsieur lilric... mai* je crains quelque mésaventure. Soyez aimable.... Allez vous-en !
(JLHIC.
Permettez au moins que je baise la main charmante qui me renvoie. Ce colonel, me persécuter , me laisser impitoyablement aux arrêts, un jour de bal... chez vous!-.. Permettez que je reste.
LA BARONNE, d pOft.
Je n’ose lui dire que j'ai écrit, (ffauf.) Il se pourrait que monsieur de Campolas. votre colonel, levât vos arrêts ; je n'en suis pas sflre, mais je crois que mon mari a été chez voire major pour le prier d'en parler à votre colonel.
ULRIC
11 est bien bon monsieur le baron. Y a t*il long-temps, madame?
LA BVaO.NNR.
Environ trois quarts d'heure.
ULRIC-
Je suis perdu 1 on a été chez moi, on ne m’a pas trouvé.... Au fort! mon affaire est claire... quinze jours au moins dans un maudit pigeonnier, oh il n’y a pas même de pigeons!.. A demain donc tes affaires sérieuses, comme disait ce général de l'aniiquité!... C'eût été un colonel des dragons de la reine, celui-là !... Mal* un Campolas!... Oh! je sais bien pourquoi il me Iraile avec cette rigueur! .. Je reste.
LA BARONNE
Quelle folie !
ULRIC
Folie ! c'est la devise du sous-lieutenant, qui meurt d'envie de danser et d amour pour. .
LA BARONNE, l interrompant.
Quoi ! ma femme de chambre !...
l’LRlC.
Bonne, excellente, compatissante personne!
LA BARONNE
Et vous lui avez dit? ..
UI.RIC
Pas un mot de cela, madame.
LA BARONNE
De quoi, monsieur ?
GLRIC.
De ce que... de rien, madame... Eh bien! c'eût été beau, vraiment, de ma part, si j'avais été dire à cette Justine : « Petite, j'adore ta maîtresse ; j’en * ai perdu l’appétit, le sommeil... je donnerais ma » vie pour un de ses regards, et mon âme pour... » Oh! fi donc! mon amour est trop respectueux pour cela... Mille fois mieux mourir à petit feu, que de demander du secours... (D’un «ir hypocrite.) J’ai demandé une robe, mais pour me confondre parmi vos femmes, assister à la fête, voir danser: et tout bas je me disais à part moi: Je pourrai la contempler, l'admirer... Mais a Jus- ! line, madame, je n’ai parlé que de valse*, de quadrilles... Oh! j’ai eu bien soin de cacher mon idole au fond de mon Ame.
LA BARONNE
Pardon!... Je n'étais pas bien à ce que vous disiez.
ULRIC
Je vais recommencer, madame.
LA BARONNE
■ Non. c’est inutile .. Je réfléchissais à quelque chose: un habit de Justine va vous reléguer a ^ raniichambrc; puisqu’on a eu l’idée d'une robe,
I on aurait dû penser à...
A une des vôtres, madame.
LA BARONNE
Mais je n'ai pas...
n.Hin.
\ Oh! j’ai... moi... j’.ii compris... J acceple avec j tous les transports imaginables de reconiiais-
l.A BARONNE.
LA BARONNE
Cela va faire une scène.
Cl HIC.
Non. j’ai médité une ru>e de guerre,
LA BARONNE
Laquelle?
UI.RIC
Justin me prête un de scs babiu.
I Monsieur !
I ci.nic.
I Mais y avoir songé, JiLslinc ou moi... Fi ! c'eût i été une profanation, un sacrilège: elle mériterait I d'être chassée, et moi, je inérîlerais d’être rcri- I voyé par où je suis entré.
LA BARONNE
I Par où donc êtes-vous entré?