TROIS CÆUFS DANS UN PANIER
Doune-moi un coriel. donne>moi tout, arrangemoi tout.
JUSTINE
Je n’ai rieu de présentable a vous oflfrir.
ULRIC
(Cherche dans la toilette de la baronne... cherche quelque chose que le baron ne reconnaisse pas.
JUSTINE
A propos de monsieur le baron, vous me faites frémir!
ULRIC
Ub ! c’est bien innocent 1
JUSTl.VB.
Vous' babiller en femme, pour adorer madame!
ULRIC
Kst-ce que je ne l’adore pas en uniforme?
bailleurs, le baron du Roulai est un mauvais sujet, et par sa coiidutlc il in’en a donné le droit.
JUSTINE
Le droit!... Je crois vraiment que les souslieulenans l'entendent comme les étudians. Belle fine fleur des pois encore que ceui-là !
ULRIC
lles|>ect à l'umvcrsiié, mademoiselle ! Étudians et sous-lieuterians, voilà la robe et l’épée; le reste n'est que fiction. Allons! fais ce que je te demande. et je te donnerai quelque chose.
JUSTINE, t'approchant de lui.
k moi 1
UhRIC.
A loi.
JUSTINE
Quand ça, monsieur le marquis?
ULRIC
Plus lard, petite. Écoule : J’avais dfc |Mir ce monde-ci un certain grand-oncle, qui maintenant est dans l’autre, et doit faire les beaui jours du royaume de Satan . quelque part au quartier des abbés, délicieux conteur, s’il en fut. Feu mon cher oncle me disait donc : Ulric, rien n’est friand comme une soubrette jeune, jolie et éveillée ; mais tu es un homme perdu, si lu commences par lâ dans une maison. Va droit à la maîtresse; ensuite, lu n’auras qu'à vouloir... ce sont de ces jolis riens qui ne sc demandent pas , et qu'on se laisse offrir. Ça ne compte jamais.
JUSTINE
Le mauvais sujet d’oncle!
Commandeur de Malle, mon enfant, esclave de quatre sonnons, quatre vœux!..
JUSTINE
Qui sont?...
Air : t'n soir dan* la souree (-oûin^
L'tlUC.
Jf l»en< le premier, le deuiième;
Obéissance et pauvreté.
I JCSTINK.
Aprèii?
ULHIt.
Je cherche le troisième..
Le voici : vœu de chasteté
JUSTINE
A trouver il vou^ a coûté!
Mais poursuivons... Le (|ualricm>'?
ULRIC
Si dans Tordre l’avais été ,
C’est le «oui qui m’aurait flatté,
Et mon oncle pensait de même.
JUSTINE
Vraiment! vraiment!
C’est fort intéressant.
I DBUXIKIIB COCPLtl
I JUSTINE
Mais continuel . je vous prie ,
Voyons le quatrième vieu.
ULRIC
Je n’ose...
JUSTINE
I Quelle moquerie !
I Mc faire languir pour si peu !
ULRIC
I Mon oncle . excuse ton neveu !
JUSTINE
Jo joins mes excuses aux vdtr«'.«...
j Mais ce vteu, qu’éUit-il?
ULRIC
C'était
{ De se mettre en cent , s’il fallaii .
Pour se dispenser des trois autres.
JCSTINB,
i Vraiment! vraiment!
! C’est fort ôdifiant,
Chut! voici madame!