SCÈNE G6ÈèME
Plumet, Jocrisse.
JOCRISSE
Tn’ez not’maître, vlà tout vot’harnais..…..attendez que j'vous aide.
(ici, jeu de scène entre les deux acteurs, pour Ôter la robe de chambre et mettre l'habit)
Bon ! Vlà qu'est fini.
PLUMET
Et ce n'est pas sans peine...aie bien soin de cette chambre. range bien tout.….et surtout n'oublie pas ma chère petite
colombe.
Jocrisse (riant) Ah ! oui, la petite volaille, la mignonne à —— vieille dénte..…..
PLUMET (sévèrement)
Jocrisse !
JOCRISSE
C'est juste, j'dis pus rien.
PLUMET Allons, je pars et je me repose sur toi.
Jocrisse (le reconduisant)
Soyez tranquille, j’vas balayer la grise….j’vas étriller vot’ salle à manger, vous s’rez content d’moi, not’ maître.
PLUMET Nous verrons cela.
(il sort) SCÈNE 7ÈME.
JocrisseE (seul, parlant près de la porte)
Bonjour not'maître...adieu not'maître...Prenez garde de tomber, not'maître....ah ! comme y court... (rentrée en scène) Bon le vlà parti !...ouf j'en ai chaud...j'en ai-t’y attrapé une décoction de toutes sortes de choses... Gourmand !...Menteur !.…. Voleur !.. En vià t'y des litanies désagréables à entendre ?.. Comme si j'étais ben coupable, à cause que d’temps en temps j'mange un œuf frais, un peu d’ses confitures...d’son miel de
réserve...un p'tit peu d’son vin d'madère...ou ben encore. mettons que j'easse quéqu'douzaines d'assiettes par mois !.…. Ga valait y la peine de m'chanter une gamme aussi longue que ça ?..surtout, quand c’est pour des peccadiles ? pouah !...c'est p'tit, c'est mesquin d'la part de mon maitre...ma parole, j'en ai honte pour lui...Mais faut y pardonner, le vlà un peu sus l’âge...oui j'y pardonne...d'ailleurs, j'sis tant soit peu phibosophique, comme dit l’maitre d'Ecole.. out. mais rilgré ma phibolojophie, j'erois que j'mangerais ben un tout p'tit morceau sur l'pouce... Tiens... tiens... mais pourquoi pas ? y a place à la table... fébts seul... j'suis mon maitre...agissons.… Mr. Plumet a laissé encore un peu d’vin d'dessert, tartes, fromage...allons mon Jocrisse, fais comme chez vous, sans cérémonie (il se met à table, mange gloutonnement, boit, parle la bouche pleine, jeu de l’acteur) ah ! ca va m'donner du cœur au travail...Mais c'est qu’eest bon toutes ces p'tites friandises là... Voyons un coup dedessert etmettons nous au travail !... (il arrange les assiettes, en met une ou deux sur le buffet +t tout en parlant il s'appuie sur la table et tombe avec elle) Ah !...
Ab“ «pristi... eh ! ben... j'vous demande un peu... en vl' ‘9 mencement...mais un commencement terriblement -.ë !...J'erois ma parole qu'alle est cassée..….oui..…et
même assez ben cassée...Ma parole... c’est guignolant...ça m'étonne pas, la nuit dernière J'ai fait qu’rêver aux chauvessouris et qand j'rêve à ces animales là, y m'arrive toujours queuqu'machineries mauvaises !...Enfin, qu'voulez vous... C'est fait... Quand j'men arracherais tous les boutons d’ma veste, c'est pas ça qui la r’mettra sur son équilibre...faut s’consoler et voir à autre chose... (il regarde) ah !... la p'tite volaille.… (il va à la cage et passe son doigt à travers le grillage) Bonjour, Cocotte...dites bonjour à p'tit Jocrisse...à p’lit maître à vous...Baisez p'tit maître (il avanceson nez près de la cage) Ah ! satanée Coquine !...tu m’pinces le nez...après les some paternels que j’prends de toi, tu mériterais que j'te tordre lé cou !...heu ! la vilaine !...allez vous en, Mademoiselle, allez vous en...p'tit Jocrisse n’vous donnera plus l’sucre de papa Plumet, je l'mangerai tout seul !...entendez vous ?...C’est égal, faut toujours que j'y arrange son appartement (il ouvre la cage, en tire une planchette, qu’il vient râcler sur le devant de la scène.) Si j'peux réussir à contenter Mr. Plumet, tout ira bien, mon cousin Laflûte s’ra ici, ça m'fera une aide...oh ! ben...y a la table, mais ma foi, y passera par dessus...parceque
j'erois ben, entre nous soit dit, elle était tant peu âgée...vermoulue... (il retourne à la cage et s'apperçoit que la colombe s’est enfuie.) Ah! mon Dieu !...la petite volaille qui s’est enfuite... Eh ben, me vla dans d'hbeaux draps...j' vois Mr. Plumet...oh ! ben de c’eoup là y peut m'dévaliser les deux yeux (il va au fond et appelle) Cocotte !...Cocotte !...petite volaille !...Ah ! la vlà perchée sur la croisée du salon... Veux-tu v'nir ici, satanée coquine..….a m'regarde...on dirait qu'à s' moque de moi !...Cocotte !...Comment, cœur dur, tas pas pitié d’mes cris ?,..D'ma position bizarre ?...attends ?...attends ?... (il trouve le bâton, le lance, on entend plusieurs vitres ca sées, il reste ébahi) Ah !.....en vlà un surcroit de guignon..…….. Ah Jocrisse !.,.une table !...la petite volaille. .septà huit vitre sur la conscience ! ! ! Comment digérer tout ça !...J"y sui pus...J’y suis pus...du tout, du tout, du tout... Voyons, metton nous un peu dans la réfléchissoire (il s’assied par terre la têt dans ses mains, puis, une seconde après on entend Griffar dans la coulisse, criant à ses hommes : Attention ! Jocrisse s lève étonné)
Qui qu’c’est qu'ça ?...des soldats boiteux...une espèce d’agen de police ! oh ! mais ! oh ! mais !...