‹ Trois pièces comiques [microforme]Chapitre 15 sur 24 · SCÈNE S8ÈMeE · texte numérisé non relu

SCÈNE S8ÈMeE

Jocrisse, Griffard, Invalides.

GRIFFARD Salut et respect aux lois !

JOCRISSE (à part) ‘vieux mal bâti ?

GRIFFARD

Jeune homme, suspendez un moment vos occupations domes tiques et répondez catégoriquement à ma question. Con nalssez-vous un certain Jocrisse ?

JOCRISSE (à part)

Ah ! j'erois qu'jai la jaunisse,

GRIFFARD Vous dites ?..

JOCRISSE Hein ?.…

GRIFFARD Quoi ?

JOCRISSE

Vous demandez ?..…

GRIFFARD

La loi vous demande par mon organe, jeune homme, si vous onnaissez un nommé Jocrisse.

JOcRISSE (à part) Ah ! vieille écrevisse !

GRIFFARD

Vous dites ?

J'dis...Dieu vous bénisse !

GRIFFARD

Benè sit. Ainsi donc, pouvez-vous me donner quelques renseignements sur cet individu ?

JOCRISSE

Sur Jocrisse ?...Connais pas....connais pas du tout, c’est-àlire j'le vois quéqu'fois.

GRIFFARD Diable ! Diable !

| JOCRISSE | Et vous, vous êtes ?.…

monttltenennen

GRIFFARD Mon nom est Griffard

JOCRISSE Camard ?

GRIFFARD Griffard !

JOCRISSE Homard ?

GRIFFARD

Jeune homme, je vous ai dit Griffard.

JOCRISSE

__ Eh ben, mon cher Mr. Biffard, il est trop tard pr prendr de canard, il est sorti de chez la mère Picard, il y a deu heures et trois quarts ; voilà tout, mon cher Mr. Cochelard.

GRIFFARD

| C'est très contrariant !...mais jeune homme, habituez vou | à ne pas écorcher mon nom. Voyons...j’avais pris mes mei

leurs hommes pour nous saisir de ce coupable individu...Mais j'ai son signalement et nous allons parcourir le village (il tir un rouleau de papieriet cherche dans toutes ses poches) allons j'ai oublié mes lunettes...Savez-vous lire, jeune homme ?

JOCRISSE Moi ? J’crois ben, j'lis comme père et mère.

GRIFFARD

Très-bien. Faites-moi donc le plaisir de me lire le d signalement,

Jocrisse (déroule une longue feuille)

| Ah! quel affreux gâchis (il lit et change tout le signal | ment.) Signalement du Sieur Cadiche, Marluche, Jérémi

Jocrisse Lélourdo, fils majeur et mineur de...heu...heu...heu... taille de cinq pieds 16 pouces et...heu...heu...heu...coupable de plusieurs...heu...heu...heu...cheveux...noirs...(à Griffard) Voyez les miens c'est comme la crète d’un coq-dinde...j"vous disça...voussavez...en cas d’soupçon...(il lit) veux.t...louches de chaque côté... (à Griffard)ah !..….parexemple...voyezles miens. ie vous dis Ça...vous savez...hein... (il lit) nez...en trompette (à Griffard) ah! ben non...(il lit) bouche petite...(à Griffard) ah ! pour ça...{’nez (il ouvre la bouche) c’est comme l'entrée d’un four à chaux...vous savez...]j'vous dis ça.

GRIFFARD

rest bien, c’est bien, jeune homme, je vois que vous n'êtes oas celui que nous cherchons...mais tenez...votre figure inté- Cessante...intelligente...innocente me convient; je veux vous lonner un bon conseil : Vous êtes Jeune et novice, éloignez ous du précipice où trop souvent le pied glisse, n’imitez pas locrisse et vous ne craindrez pas la police.

JOCRISSE (à part) Va t'en vieille tête à vis !

GRIFFARD Comment ?

| JOCRISSE (souriant) | J’dis.qu’vous r’ssemblez à ma nourrice.

GRIFFARD

‘* Bien...Je vais vous demander encore un service...je revien-

; rai ce soir vers six heures et vous nous aiderez à arrêter ce

, épudié de la société intelligente des humains !... Au revoir, une et intéressant jeune homme !... (à ses hommes) allons, jous autres, marchez droit.

\ (Is sortent) SCÈNE 9ÈME.

C Jrcrisse (seul, il va par où vient de sortir Griffard)

L Va-t'en vieille écrevisse !.…vieille citadelle démolie !,..vieux Lindon plumé ?...vieux cornichon sans vinaigre !...vieux

aphlard, Bifflard, bavard...va-t'en !... (il revient en scène} ’avez vous entendu ?...il venait pour m'arrêter...Ah Diable ! ais quéqu'ea veut dire tout c'galimatias là...y comprenez ous quelque chose ?...Non...hein...ma foi ni moi non plus! éncore.…..c’vieux fusil rouillé...qui m’dit à moi... là...ben à moi Wous nous aiderez...Ah ! vieille tête à claques...ma parole, ça Ma Ôté tout l’genre...y m'semble que j'suis astaqué d'la chair

e poule !...C’est que pourtant, s’y m'avait reconnu... j'y étais. eureusement que j'y ai pas mal changé son affreux signale- Ment...Comment faire pour me sauver des mains de c'vieux bailli d’malheur ?...ah !...c’est d’'tâcher d’mieux finir que j’nai ÆCommencé et ptêtre ben que lhon Mr. Plumet arrangera Æt'affaire là !...C'est égal, encore une fois...ça m’embrouille, “out ça...ca m'turlupine...chassons ces vieilles idées obscures. Mettons en ordre le buffet et ensuite j'verrai à trouver un femède pour la table.

1 monte sar la table, sur laquelle est posé le buffet, il fait mine d'arranger les assiettes et chante.)

Quand les vaches s'en vont au champ La première marche par devant;

La deuxième suit la première ;

La troisième suit la deuxième.

Quand les vaches s’en vont au champ La première marche par devant.

(uue pause et il recommence) Qoifa

Papa les p'tits bateaux

Qui vont sur l’eau

Ont-ils des jambes ?

Et s'ils n’en avaient pas

Petit bêta, y n'marcheraient pas.

la, la, la, la, la, la,

"Ù (En ce moment, l'acteur doit prendre ses précautions pour attirer le fet à lui, et en tombant passer au travers, le fond étant de papier. perisse en tombant a eu soin de se coller un morceau de tarte sur l'œil, figure pleine de bouillie, melasse.) A la Garde !...Au voleur !... à l'assassin !...j'suis brisé !... Æassé...mutilé...vermoulu..:perclus... (il se lève) Ah ! quelle atastrophe ! En vlà t'y une apostrophe !...y m'en faudra-t-y la tisanne au clou girofle pour éviter l’anicroche ! ah! rand Saint Bazoche...j’en ai l’eou tout croche !...où allér ?,.. Qù fuir !...où m'eacher ?...oùtrouver des entrailles profondes...

lassez profondes de la terre pour m’engloutir !...ah ! rage !.. tah! nom d’un p'tit bonhomme !... Saperlipopette !...Que (faire ?...grand scélérat!...grand malaRques, tu devrais t’donner \des coups d’pieds dans l’œil !...ah ! gueuse d'étoile !...j'suis (sûr qu'alle a été toujours obscure pour moi...et dire que jamais (j'réussis…oui...oui...c’est la faute à mon étoile !...j parie que j'suis né en Chine...en Cochinchine ou ben chez les Hottentots [dont Mr. Plumet parle si souvent quand y lit les nouvelles du (ministère...Voyons, j'vous l'demande, j’peut y vivre d’avanltage ?...après une inondation semblable ?...j’parie qu'eest pas moi...j'parie qu'ma figure... (il prend le miroir) Oh !...C'te tête !...comme un melon écrasé...mais...malheureux...cherche donc...reprends ta figure naturelle ?... (il trouve la cruche où doit se trouver une teinture noir, il prend la serviette, se lave “tout en parlant) oui...oui...j'ai un affreux guignon !...vous riez.. j'en ai guère envie, moi...ah !...voyons si Je suis mieux (il se regarde) ah !...mais...mais...c’est d'lencre...oh ! pour le coup Mr. Plumet va me traiter comme un nègre !...Ah! fatalité des fatalités ! Faut mourir !...faut s’périr (il se promène à grands pas les bras croisés) Oui !...mais où trouver un instrument tranchant, piquant ou rotondant ?...où trouver un moyen certain de m’arracher ces jours que je voulais filer dans le coton ou dans la soie !...où ?.. (il aperçoit le panier) Un panier ?...et un proies habité par des bouteilles.…toutes étiquetées..lisons.. (il en prend une et lit) p...o...i...poi...s...0...n son...poison !...c’est du poison !... à mon étoile, tu r’prends du lustre..vlà qu’tu t'éclaircis...t’as égard à mon désespoir !.… c’est ça...oul...empoisonnons-nous !

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