‹ Trois pièces galantes [par] NozièreChapitre 1 sur 59 · PRÉ F A CE · texte numérisé non relu

PRÉ F A CE

Voici trois pièces galantes, La première fut représentée à la Comédie Royale qui est une jolie salle, aux nuances claires; les deux autres ont été jouées sur le délicieux théâtre du comte Robert de Clermont Tonnerre. Je sens bien ce qu'elles perdent à n'être plus dans ces cadres agréables. Elles sont privées des décors que Jambon et M. Bailly imaginèrent. Elles n'ont plus la grâce dont les paraient les interprètes. Je revois les harmonieuses comédiennes qui m'accordèrent leur concours. On en trouvera les noms. J'aperçois encore les danseuses, dont iV"* Sandrini et M. Georges Saracco réglèrent les pas : 3/"* Rianza, qui a du feu et de la maîtrise ; /V* Napierkowska qui est une flamme; iV"* Léa Piron à la charmante langueur. yV"' Fina Servais et le ténor Gilly chantaient. J'entends les pages que les compositeurs Esteban Marti et Moreau Faivre ont écrites. Je me rappelle aussi la fougueuse partition de M. André Fijan pour le ballet des Sabots de Vénus. Et les costumes de Landolff sous d'ingénieuses lumières!

Je compte sur l'imagination des lecteurs pour rendre à mes dialogues ces ornements si nécessaires.

Dans ces actes il n'est question que de l'amour. Il ne s'agit pas d'un sentiment qui torture et qui tue, mais d'une ivresse légère. Aussi a-t-on estimé que ces œuvres sont perverses. Chacun sait, en effet, qu'il est sain et noble d'exalter la passion meurtrière. Ceux qui lui préfèrent le plaisir innocent — c'est-à-dire qui ne fait de mal à personne — sont des corrupteurs. Est-il si criminel cependant de déclarer qu'il ne faut verser le sang devant nulle divinité et qu Aphrodite se détourne avec horreur des sacrifices humains ? Si nous refusons de crier les phrases sonores et vides, de faire les gestes violents qui furent chers à des ancêtres barbares, nous sommes accusés de scepticisme, de nihilisme. Je voudrais qu'il fût permis de ressentir de l'enthousiasme pour la mesure et la modération.

L'Rprès-Midi Byzantine

comédie en un acle.

A MON AMI QASTON OLMER

Cette comédie a été donnée au Théâtre de la Comédie Royale le 11 octobre 1908.

PERSONNAGES

CLINIAS, 18 ans, sculpteur .... M"e Madeleine Carlier

HIPPOLYTE, 25 ans, cocher du cirque. M. Garrigues

CRITON, 60 ans, serviteur de Xantippe M. Liesse.

MYRRHA, courtisane, 25 ans. . . . M"e Nina Sanzi

XANTIPPE, courtisane, 20 ans . . . M"e Renée Corciade

LEUCOÉ, servante de Myrrha, 18 ans. M^e Parys

La danseuse M''^ Myrtis

La scène est à Byzance. Epoque imprécise et favorable aux beaux costumes et aux mauvaises mœurs. Le décor représente une salle intime dans la demeure de Myrrha. Le principal meuble est un siège bas qui ressemble à un lit. D'autres sièges, une table. Porte à gauche, porte à droite.

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