SCÈNE II
LA BÊTE
Dès que la Fée et Turquoise sont sorties, La Bête apparaît. Elle se traîne doucement, hors d'un fourré. Elle écoute le chant des femmes qui s'éloignent.
J'aurais voulu pleurer en écoutant sa voix. Tandis qu'elle parlait, je la regardais. Je ne la voyais pas très nettement. Pourquoi ne me suis-je pas approché d'elle, pourquoi ne me suis-je pas étendu à ses pieds ? J'ai craint de l'effrayer. Elle aurait eu peur de ma laideur. Elle aurait poussé un cri que je n'aurais jamais oublié. Ah ! je voudrais sortir de cette enveloppe hideuse et grotesque ! Pendant une minute, je voudrais être un homme et me montrer à elle sans lui inspirer de l'horreur ! Quelle divinité a maudit ma naissance ? Pourquoi suis-je odieux ou bouffon ! Je n'ai pas même la joie de verser des larmes. Oh ! que ne suis-je un homme, même infirme, tordu, défiguré ! Je connaîtrais du moins le bonheur de pleurer !