‹ Trois pièces galantes [par] NozièreChapitre 3 sur 59 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LEUCOÉ, puis HIPPOLYTE

Leucoé se dirige vers la porte de la chambre. Au moment où elle va entrer dans cette pièce, Hippolyte en sort.

HIPPOLYTE

OÙ vas-tu?

LBUCOé

Mais je vais porter à ma maîtresse un message que lui envole

Xantippe.

C'est une lettre? Donne!

LEUCOÉ

Ce n'est pas un écrit. Je lui rapporte des paroles qu'un fidèle esclave m'a dites.

Répète-les moi.

Mais...

Suis-je le maître ?

Sans doute...

HIPPOLYTE

LEUCOE

HIPPOLYTE

LEUCOE

HIPPOLYTE

Que tu mentes au vaillant général qui vient ici réchauffer sa vieillesse et soigner ses blessures, je le comprends. Mais à moi ! Tu sais bien que ta maîtresse m'adore ! Elle n'a donc rien à me dissimuler. Parle.

LEUCOÉ

Oh ! je ne me taisais que par principe. Xantippe annonce qu'elle viendra tout à l'heure avec Clinias.

C'est tout ?

LEUCOÉ

C'est tout.

HIPPOLYTE

Tu ne me caches rien ?

LEUCOÉ

Voudrais-je te tromper ?... C'est bien tout.

HIPPOLYTE

Ah!

Leucoé se dirige vers la chambre.

HIPPOLYTE

Dis moi. Tu as pour moi de la sympathie.

LBUCOé

Je n'oserais. Je me contente de t'admirer. Quand tu triomphes au cii-que, quand ton char arrive le premier au but, mon cœur se serre

et je t'acclame.

HippoLYTc, lui prenant la main.

Chère petite !

LEUCOé

Oh ! laisse-moi.

Tu as peur ?

Je suis sage.

HIPPOLYTC

LEUCOé

HIPPOLYTC

C'est un fragile obstacle.

Lcucoé Tu oublies que tu aimes ma maîtresse.

HIPPOLYTC

Moi!

LEUCOé

Tu en es jaloux. Ne viens-tu pas de m'interroger fiévreusement pour connaître le message que je lui portais ? Tu redoutes un rival et tu me caresses !

HIPPOLYTC

Sais-tu si je redoute un rival ou si je le souhaite ?

Lcucoé Comment ?

HIPPOLYTC

Si j'apprenais une trahison de Myrrha, ne comprends-tu pas que je pourrais me délivrer de sa passion tyrannique ? Je sortirais enfin de sa maison. Je serais libre.

LCUCOÉ

Qui te retient ici ? N'es-tu pas un homme ?

HIPPOLYTC

Je crains de lui causer une profonde douleur.

LEUCOé

Tu n'es pas un homme.

HIPPOLYTE

Je lui demeure attaché par les liens de la reconnaissance...

LEUCOÉ

Tu n'es pas un homme.

HIPPOLYTE

Par le souvenir de notre amour.

LEUCOÉ

Tu n'es pas un homme.

HIPPOLYTE

Tu n'ignores pas qu'elle est violente et nul ne peut prévoir à quels excès son désespoir pourrait l'entraîner !

LEUCOÉ

Elle se tuerait, peut-être ?

HIPPOLYTE

Ou me tuerait.

LEUCOÉ

Tu es un homme.

HIPPOLYTE

Ah ! que les femmes sont égoïstes ! Elles estiment que nous sommes leur propriété. Elles ne nous sont fidèles que pour nous asservir.

LEUCOÉ

Rassure-toi. Elle fa trahi !

HIPPOLYTE

Tu railles !

LEUCOÉ

Elle a appartenu à Antisthène.

HIPPOLYTE

Pour avoir sa maison des champs.

LEUCOÉ

Au vieux Philémon.

Bah ! Un« fennne L.. CHe ne m'a jamais tronpè et ne me trompera jamais.

Espère ! Imroqiie les dieux et surtoot le forgeron boiteux qo'Apfaro<fite a rendu ridicule pour l'éternité.

nrroLrrr

O dieu laid et contrefait, aux mains rudes et labmiciuci» inphe à ma maîtresse Mynha le dessein de me trahir. Pais qae Je la saisisse au moment de la hiute comme tu as surpris ton époaae nae et son SMfrier dans le filet aux mailles d'or. Je te fendrai ffÈot, H, chaqoe semaine, j^mmolerai en ton honneur deux béficrs aox cornes enroulées. J'accomplirai ce sacrifice dans la petite maison que f achèterai près de la ville et où je vivrai heureux près de la Leoooé, <|iii aime mes chevaux et leur conducteur.

LBUCOé

Hélas ! Hélas ! Tu te moques de ta servante-

LYTC

Non ! Non ! Je ne raille pas. Jai des bras robustes et simple : les divinités seraient favorables à notre union.

Page 1