SCÈNE V
Les Mêmes - MINERVE Enfin! Voici des créatures vivantes.
LES FAUNES 56 postemcnt Minerve ! c'est Minerve !
MINERVE
Relevez- vous! Mais comment m'avez-vous reconnue? Cette tunique de voyage aurait dû me permettre de garder l'incognito.
LE RUDE
Et ton bouclier!
L'éLéOANT
Et ta lance!
LE RUDE
Et l'oiseau de nuit qui est sur ton front !
MINERVE
Comme il nous est difficile de dissimuler notre nature divine ! Il suffit que nous paraissions et les hommes sont saisis d'une ferveur religieuse. Il émane de nous un fluide.....
LE RUDE
Surtout, grande Minerve, nous voyons vos attributs, vos
accessoires.
l'éléqant
Non certes ! Je me suis agenouillé parce que j'ai admiré tes yeux qui sont, comme les vagues, bleus et verts, clairs et troubles.
Tu es un sage. Prends mon bouclier. Prends ma lance.
l'élégant, prenant le bouclier et la lance et ployant sous le fardeau Merci.
MINERVE
Ainsi nous honorons nos fidèles.
l'éléqant Tu es bonne!
MINERVE
Je t'autorise d'ailleurs à placer ces armes sur l'herbe.
l'éléqant, portant les armes dans la coulisse Déposons les armes.
LE RUDE
Je n'ose t'interroger, ô déesse, mais il n'est pas vraisemblable que tu sois descendue de l'Olympe pour rendre visite à deux jeunes faunes.
MINERVE
Un tel déplacement serait contraire à mon caractère.
l'éléqant Pouvons-nous t'être utiles?
LE RUDE
Veux-tu que nous te laissions seule?
MINERVE
Je suis venue jusqu'à vous parce que je fus attirée par un air de flûte. Je crains d'avoir perdu le bon chemin. Où suis-je? Est-ce une forêt sacrée ? J'ai marché, pendant quelques minutes, dans de belles allées et je n'ai pas rencontré un être humain.
Tu vois : c'est un bois d'orangers.
L'éLéOANT
Tu es sur la terre de Phénicie. Tout près est une petite ville aux maisons blanches.
LE Ruoe
Tu vois : c'est un bois d'orangers.
L'éLéOANT
Les nymphes de la Méditerranée viennent jouer sous cet arbres avec les faunes ardents. Les dryades accueillent Triton et ses frères. La terre reçoit les caresses des vagues.
LE RUDE
Tu vois : c'est un bois d'orangers. Les fruits sont brillants comme les pommes d'orque Jason cueillit dans le jardin merveilleux. Respire ce parfum délicieux et l'odeur que vient y mêler la brise marine.
L'éLéOANT
Tu vois : c'est un bois d'orangers.
MINERVE
C'est bien ici qu'elle devait descendre!
L'éLéOANT
Qui?
N'avez-vous pas vu une créature aux cheveux pAles?
LE RUDE
Aux cheveux d'or!
MINERVE
Si tu veux ! Elle a des yeux sans éclat.
L'éLéOANT
Des yeux qui caressent....
MINERVE
Soit! Sa bouche est ridiculement petite!
LE RUDE
Elle semble une baie rouge qui nous tente et qui arrête nos courses dans les buissons.
L'éLéOANT
Je sentais bien que c'était une immortelle...
MINERVE
Je n'ai pas dit....
LE RUDE
Tu as dit qu'elle était descendue ici. Qui donc, sinon une divinité, peut descendre du ciel.
MINERVE
Un jour viendra où des hommes hardis en descendront. Ce sera un de mes bienfaits, une conquête de la science.
L'ÉLéOANT
Nous savons, Minerve, tout ce que l'humanité te devra. Nous te vénérons.
MINERVE
Mais c'est elle que vous aimez.
LE RUDE
Nous ne sommes pas des hommes. Nous sommes des faunes. Ton triomphe tuera l'instinct, grande déesse. Notre alliée, c'est l'autre.
MINERVE
Vous l'avez donc reconnue ?
LE RUDE
C'est Aphrodite. C'est elle qui naquit de la mer profonde et son corps était souple comme les mouvements des flots.
l'éléqant
Ses ongles étaient roses comme les coquillages et sa chevelure était faite des rayons du soleil.
LE RUDE
Nous allons vers elle; nous lui annoncerons ta venue.
l'éléqant
Et le bois d'orangers sera plus merveilleux encore puisque Aphrodite l'a embelli de son sommeil, de ses gestes, de son sourire.
LE RUDE
Aphrodite !
l'éléqant