SCÈNE IV
L'ÉLÉOANT, LE RUDE
LE RUDE
La petite servante est gentille.
l'éléqant
Oui, mais la maîtresse se moque de nous. C'est en vain que, pour lui plaire, je fus galant et c'est en vain que tu fus rude.
LE RUDE
Hein? J'ai bien joué mon rôle? J'ai été brutal, insolent!
l'éléqant Ton langage était un peu trop fleuri.
LE RUDE
Enfin j'ai été aussi inculte que peut l'être une créature cultivée. Je n'ai obtenu d'elle qu'un regard indulgent.
l'éléqant
Veux-tu mon opinion, mon frère ?
LE RUDE
Si je ne désirais pas la connaître, tu l'exprimerais cependant. Je te réponds donc sans hésiter : « Oui, frère, je veux ton opinion. »
l'éléqant Eh bien! c'est une créature froide.
LE RUDE
La femme qui ne cède pas à notre ardeur nous paraît toujours froide. Celle qui ne consent pas à nous aimer est nécessairement insensible. Celle qui cesse de nous chérir est une vicieuse. Nous n'attribuons nos défaites qu'aux défauts de notre adversaire. Ainsi notre vanité n'est pas blessée, et c'est ce qui importe,
l'éléqant Elle a pourtant des yeux étranges
LE RUDE
La petite servante est gentille.
l'éléqant Tu pourrais aimer une servante ?
Le Ruoe Plus violemment qu'une reine ou qu'une déesse.
L'éLéOANT
Il est des moments, frère, où tu m'inspires un profond mépris.
LE RUDC
Ce sont les instants où je suis sage. (Il prend sa flûte et Joue quelques mesures.)
L'étéûANT
Oh! je t'en prie
LE RUDE
Tu n'aimes pas la musique ? (Il Joue.)
L'éLÉOANT
Je n'aime pas ta musique. Sa simplicité m'irrite.
LE RUDE
Tu voudrais des dissonances ? Jamais je ne vis un faune aussi snob. (Il Joue.)