SCÈNE VIII
CLINIAS, puis MYRRHA
CLINIAS, tourné vers la porte par laquelle est sorti Hippolyte A bientôt!
// hausse les épaules, va vers la chambre de Myrrha, soulève la
portière et dit :
Myrrha ! Tu peux venir. Il est parti.
MYRRHA, craintive Il ne reviendra pas?
CLINIAS
Non!
MYRRHA
Ah ! mon amour, j'ai eu peur! Il ne t'a pas fait de mal?
CUNIAS
Il ne m'a rien fait.
iWYRRHA
Je tremblais, dans ma chambre, en entendant vaguement vos voix. Mais, quand je n'ai plus rien entendu, j'ai cru que je devenais folle. J'aurais voulu accourir. Je chancelais.
Oui ! Oui ! Tu vas mieux ?
MVRRHA
Merci. Je craignais de te voir étendu, pâle... Tu comprends ?
CLINIAS
Tu m'effraies!
MYRRHA
Je n'aurais pas survécu à ta perte.
CLINIAS
Je sais! Je sais! Tu aurais voulu mourir pour moi.
MYRRHA
Ne raille pas! J'étais sincère quand je te proposai de périra ta place. Mais l'occasion m'en a été offerte trop brusquement.
CLINIAS
Rien n'est plus naturel.
MYRRHA
Il faut se préparer à l'héroïsme, il faut avoir du temps pour se dévouer. Tu as confiance en mon amour?
Peux-tu en douter?
Tu m'aimes?
C'est certain.
CLINIAS
CLINIAS
MYRRHA
J'ai besoin de ta tendresse. Je vais être bien seule. Hippolyte est parti et Leucoé s'en va. J'étais attachée à cette fille. Bah ! tu la remplaceras.
CUNIAS, inquiet Il faut qu'elle reste.
MYRRMA
Tu crains d'être trop souvent auprès de mol?
CLINIAS
Je pense seulement qu'il est peu glorieux pour toi de laisser ton esclave partir avec ton amant. Toutes les femmes diront que tu fus abandonnée pour ta servante, et les hommes répéteront ces méchants propos.
MYRRHA
Je le sais bien! Mais vais-je supplier Leucoé? Me tratnerai-je aux pieds d'une rivale ? Et quelle rivale !
CLINIAS
Laisse-moi faire! Je saurai persuader Leucoé...
MYRRHA
Tu ne la persuaderas que par la parole?
CLINIAS
Elle se plaît à te regarder.
CLINIAS
Je l'ai souvent remarqué.
MYRRHA
Tu vois!
CLINIAS
C'est pourquoi j'espère la convaincre.
MYRRHA
Il ne faut pas la convaincre trop.
CLINIAS
Tu me fais injure.
MYRRHA
Tu es si facile! Ne proteste pas! Tout à l'heure j'ai éprouvé la durée de ta constance. Tu avais été très tendre avec Xantippe, et cependant, quelques instants plus tard...
CLINIAS
C'est que tu es trop belle. Mais toi-même...
MYRRHA
Ce n'est pas la même chose. J'étais irritée, douloureuse. J'avais le désir d'un consolateur, d'un appui...
Ne t'excuse pas. Nous avons cueilli les fruits qui s'offraient parce qu'ils tentaient nos lèvres gourmandes.
MYRRHA
Tu aimes trop les fruits, mais tu sais les cueillir !
CLINIAS
Donne !
Cueille !
MYRRHA