LES MÊMES, GERVAISE
GERVAISE, entrant sans voir Coupeau.
Voilà tout ce qu'on m'a donné. Quatre francs. Je voulais en avoir cinq. Il n'y a pas eu moyen.
LANTIER, brusquement.
C'est bon! Mets ça sur la cheminée.
COUPEAU, à part.
Ils en sont là!
GERVAISE, apercevant Coupeau.
Ah! monsieur Coupeau, je ne vous avais pas vu. (a Lantier.) Pendant que je serai au lavoir, tu iras chercher quelque chose pour déjeuner.
LANTIEB.
Oui! oui!
GERVAISE, se dirigeant vers la malle.
Je vais prendre ton linge.
LANTIER
Non. C'est inutile.
GERVAISE
Mais il faut pourtant bien...
LANTIER, lui arrachant le linge etle rejetant dans la malle.
Tonnerre! obéis-moi donc une fois! Quand je te dis de laisser ça!
COUPEAU, voulant le calmer.
Lantier !
LANTIER
Il n'y a pas de Lantier! Il faut qu'elle obéisse!
GERVAISE, inquiète.
Pourquoi ne veux-tu pas que je prenne ton linge comme d'habitude?
LANTIER, embarrassé.
Pourquoi? pourquoi? Tu vas dire partout que tu ne t'occupes que de moi. Eh bien! ça m'ennuie... Fais tes affaires, je ferai les miennes! Va-t'en au lavoir.
GERVAISE
C'est bon. (a part.) Il a de mauvaises idées, bien sûr.
Elle sort ea faisant un signe d'adieu à Coupeau.)