‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 11 sur 239 · LANTIER, COUPEAU · texte numérisé non relu

LANTIER, COUPEAU

(A peine Gervaise est-elle partie que Lantier finit de remplir la malle.) LANTIER.

Enfin! ce n'est pas malheureux!

COUPEAU, surpris.

Qu'est-ce que tu fais donc?

LANTIER

Ce que je fais? Je déménage!

COUPEAU

Hein?

LANTIER

J'en ai assez, de cet enfer. Je reprends ma vie de garçon.

COUPEAU

Tu abandonnes Gervaise?

LANTIER

Un peu, mon neveu! Voyons, je n'oublie rien, (il prend

les reconnaissances.) Ça, C est à moi. (Il s'arrête devant l'argent.)

Bah! puisqu'elle doit entrer demain chez sa blanchisseuse... (Il met l'argent dans sa poche, puis regarde parla fenêtre.) Il y

a des voitures sur la place. En route! ui sort la malle sur le carré, a Coupeau.) Tu peux lui remettre sa clef... Tiens! avec bien le bonsoir de ma part !

COUPEAU, le suivant.

Lantier!... Lantier!... Ce n'est pas possible, ce que tu fais là!

LANTIER, gaiement.

Adieu, mon vieux... A un de ces jours! (il sort.)

COUPEÀU, seul.

Ahl le mauvais cœur!... Amener du bout de la France une femme qui vous aime, et la lâcher sans un liard sur le pavé de Paris! Des hommes comme ça, la police devrait les ramasser!... Cette pauvre Gervaise, je n'ai pas le cœur de lui annoncer ça moi-même, je pleurerais avec elle! Je vais lui faire porter sa clef... Elle comprendra. (Il sort et ferme la porte.)

(Rideau.)

DEUXIEME TABLEAU. — le lavoir

Un grand lavoir, à La Chapelle. Vaste hangar, avec de larges baies vitrées. Rangées de baquets, à. droite et à gauche.

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