SCÈNE IV
NANA, BLANCHE, LUCY, puis MADAME MALOIR
LUCY, entrant, suivie de Blanche.
On peut entrer?
NANA
Certainement.
BLANCHE
Luc y prétendait que tu étais avec le comte.
NANA
Mais non.
BLANCHE
Viens donc, Maloir ! (Madame Maloir paraît avec un verre de chai pagne, dans lequel elle trempe un biscuit.)
NANA
Et ces messieurs?
LUCY, qui vient de prendre une cigarette dans une coupe et qui l*a allumée.
Ils fument. Alors, comme la fumée me fait horriblement mal... Youlez-vous une cigarette, Maloir?
MADAME MALOIR.
Non, ma petite.
LUCY
Pardon, j'oubliais que ce n'était pas encore la mode de votre temps.
MADAME MALOIR, aigrement.
Ma chère, de mon temps, on était poli.
BLANCHE, riant.
Pourquoi tracasses-tu la vieille garde ?
MADAME MALOIR.
Vieille garde !
XAXA. 271
NANA, à Joseph qu'elle a sonné-
Vous servirez le café là, dans la serre, et vous préviendrez ces messieurs, quand il sera servi. (Joseph s'incline et sort.
LUCY, fumant, à Nana.
Hein! tu nous as dit que le comte ne viendrait pas. ce soir? Tant mieux! on va pouvoir rire... Il est si amoureux, qu'il en est assommant... A propos, t'ai-je raconté que la comtesse se venge avec un jeune homme, un auditeur au conseil d'État, je crois?
NANA
Oui, un assez joli garçon.
LUCY
Je l'ai rencontré avec elle.
HANA
r>ah ! on dit tant de choses.
BLANCHE
Et Dagenet?... Vous savez qu'il se range. Plus de soupers, plus de femmes, plus rien. Je l'ai aperçu, l'autre jour, froid et guindé comme un notaire... Est-ce qu'il ne
devait pas dîner avec nOUS, Ce SOir? (La porte s'ouvre, Dagenet paraît.)
NANA
Eh! si... Je ne sais ce qui l'aura retenu. Encore un lâcheur!