‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 128 sur 239 · GEORGES, NANA · texte numérisé non relu

GEORGES, NANA

GEORGES, suppliant.

Nana...

NANA, s' arrêtant.

Tu ne viens pas?

Nana.,. Écoute, je n'ai pu me trouver une minute seul avec toi, depuis que tu habites cet hôtel... On m'a enfermé pendant un mois; puis, maman m'a cru guéri. Alors, je suis revenu... Nana, ma chère Nana...

NANA

•Jlioi?... (Revenant, très douce, très maternelle.) Voyons, Soi:

raisonnable. Tu sais bien ce que je t'ai dit. Jamais! je J ne veux pas!... Ce serait trop vilain.

GEORGES

Ah! tu mentais donc!... Rappelle-toi, là-bas, le jour de Chamont. Tu m'aimais, tu me le disais, et moi je te croyais. Nous devions vivre toujours ensemble.

NANA

Mais, grand enfant, nous étions fous tous les deux, ce jour-là.

GEORGES

Si tu savais combien je crains de ne plus te voir!... C'est justement de ça que je voulais te parler.

Qu'y a-t-il encore?

GEORGES

Maman se doute que je passe mes soirées ici. Elle ne viendra certainement pas me chercher, mais j'ai une frayeur qu'elle n'envoie Philippe !

Ton frère! Je voudrais voir ça, par exemple!... Il a beau être capitaine, et avoir de grandes moustaches!

GEORGES, surpris.

Tu le connais donc?

NANA

Depuis quinze jours que je fais des promenades à cheval, je le rencontre tous les matins, au Bois. On me l'a montré, et je ne m'étonne plus, s'il me lance des regards si sévères... Ah! il doit venir! Eh bien! nous allons nous amuser!

NAXA. 277

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