NANA. ZOÉ
ZOÉ
En voilà une histoire!... (Nana éclate en sanglots.) Je comprends que Madame ait du chagrin, mais Madame n'a pas voulu tout ça.
NANA, pleurant.
Oh! non, oh! non... Est-ce ma faute? Est-ce moi qui les ai poussés à la ruine, au vol, à la mort?
NANA. 313
Certainement non! Madame.
NANA
Mon pauvre Georges! mon pauvre Philippe! Je ferais mieux d'en finir tout de suite comme eux.
ZOÉ, à part.
L'heure est bonne pour appeler le marquis. (Elle s'approche de la fenêtre et fait un signe.)
NANA, après un silence.
Donne-moi un chapeau, je vais aller voir mon enfant.
ZOÉ, embarrassée.
Je n'ai pas dit à Madame, j'ai eu des nouvelles par la tante de Madame... Louiset est un peu souffrant.
NANA, très émue.
Louiset souffrant... (Elle se levé.) Je veux le voir... Cette femme m'a dit : « Que Dieu prenne le vôtre! » Si Dieu l'entendait!... Un chapeau, un chapeau tout de suite!
ZOÉ, à part.
J'ai parlé trop tôt... (Haut.) Remettez-vous, Madame, je vous jure qu'il n'y a rien de grave. (Muffat est entré.)
NANA, l'apercevant comme elle se dirige vers la chambre.
Encore vous !
ZOÉ, à part.
Ah! tout se gâte décidément... Bonsoir! (Elle sort par la
porte de dégagement.)