SCÈNE XYI
NANA. MADAME HUGON, GEORGES, évanoui.
MADAME HUGON
Madame, je me présente chez vous... Oh î soyez sans crainte, je me présente en suppliante... Vous pouvez peut-être sauver Philippe.
NANA
Il n'est plus ici, je l'ai fait fuir.
MADAME HUGON
Il vient d'être arrêté.
Arrêté !
MADAME HUGON
En has, sous mes yeux, comme j'accourais, pensant bien le trouver ici ! Il vous a plus aimée que sa mère... Eh bien! madame, il faut aller vous jeter aux pieds de ses juges, leur dire que vous êtes la seule coupable, ce qui est la vérité.
nana .
J'irai, j'irai !
MADAME HUGON
0 mon Philippe, mon enfant, si honnête et si
NANA
loyal! vous me l'avez pris, vous l'avez déshonoré, et je n'ai plus qu'un fils, l'autre, le petit...
GEORGES, d'une voix faible.
Maman...
MADAME UUGON.
Qu'est-ce donc?
NANA, balbutiante.
Madame, de grâce, retirez-vous !
GEORGES
Maman... maman...
MADAME HUGO»
1 a VOiX de Georges... (ÉcartantbrutalementNana.) Ou èst-il? Pourquoi le CacheZ-VOUS?... (Apercevant Georges.) Du Seing .
frappé à la poitrine ! (Se relevant, terrible.) Nous me lavez donc tué, celui-là?
NANA, reculant.
Madame, ce n'est pas moi, je vous jure.
MADAME HUGON, à genoux.
Voilà l'autre, le petit... L'un déshonoré, l'autre assassiné... Je n'ai plus d'enfant. Elle me les a voles tous les deux... Georges, réponds-moi. Un seul mot. Ce ne sera rien, une égratignure, n'est-ce pas?... Ecoute, c est a mère qui te parle et qui donnerait tout son sang pour le
tien... (Elle a posé la main sur sa poitrine.) Mon Dieu ! SOU CCBlir
ne bat plus.
NANA, reculant toujours.
Je vous jure, ce n'est pas moi... J'ai dit non, et il s'est frappé.
MADAME HUGON
Georges, Georges, par pitié!... (Un silence.) Ah! il vit, le cœur bat!
NANA
Vite! un médecin. On va le coucher dans ma chambre... Zoé! Zoé!
MADAME HUGON
Non ! cette maison est maudite. Je l'emporte. . . Georges, tu m'entends? Es-tu assez fort, peux-tu marcher?
Oui... maman...
MADAME HUGON, le soulevant.
Pends-toi à mon cou.
NANA
Mais s'il en meurt?
MADAME EUG0N
Il en mourra. J'aime mieux le voir mort que le savoir
à VOUS... Viens, mon Georges. (Il a passé un bras à son cou, et
elle remporte.) Doucement, mon petit. Tu sais comme je te soigne, quand tu es malade? Doucement... (Arrivée à la porte, elle se retourne.) Vous m'avez pris mes enfants, que Dieu prenne le vôtre!... Viens, mon Georges. (Tous deux
disparaissent. Zoe est entrée.)