SCENE V
.\A.\A. seule, agonisante, la face rouge et couverte de pustules.
A boire !... (Elle s'assoit au bord du lit.) Zoé, tu n'es donc plus là?Quelles sont ces femmes? Il y avaitdes femmes... Je n'ai pas rêvé, pourtant. Elles se sauvaient... Mon Dieu! est-ce que je vais mourir? Mais je ne veux pas mourir seule, oh! non, pas seule, c'est terrible!... (Elle se lève et marche en chancelant.) Zoé, réponds-moi ?. . . Quelqu'un! de grâce, quelqu'un! Vous ne pouvez me laisser ainsi. Vous
voyez bien que je vais mourir.... (Elle écoute.) Non, rien que cette musique, toujours cette musique qui me tue... Ah! la sonnette, on m'entendra peut-être. (Eiie s'approche
de la cheminée et se voit dans la glace.) Mais il y a quelqu'un ici ! Qlli donc me regarde?... (Elle se reconnaît et crie d'épouvante.) Moi ! quelle horreur!... (En reculant, elle va tomber contre le lit.)
On ne viendra pas, je mourrai seule, comme un monstre... (Le délire la prend, elle se traîne au milieu delà scène.) Loiliset,
es-tu là, mon petit, mon mignon? Non, il est mort... Et le comte?et Georges?ils sont morts... Mais toi, Philippe, mon seul amour, tu es près de moi, n'est-ce pas? Encore un baiser, le dernier... Misère! il est là-bas, il a une chaîne au cou. Non, non, reste! je te tuerais comme les
autres!... (La musique joue plus fort. Elle se soulève, en extase. Ah!
ce Paris qui chante, cette musique!... Écoutez :
'( Lorsque Vénus rôde le soir... »
(Debout, délirante.) Vénus, c'est moi ! Le lustre flambe, Vénus
paraît, et tOUS l'adorent!... (Elle tombe à la renverse, foudroyée.)
Mon Dieu! je meurs! n'approchez pas, je suis la peste!
(Elle meurt.)
(Bide au.