‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 188 sur 239 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LES MEMES, moins ADÈLE

MADAME BÉDOUIN, à Berthe.

Je pense que mademoiselle nous fera le plaisir de chanter quelque chose.

TOUS

Oui, oui!

MADAME JOSSERAND

Puisque tout le monde te le demande, ne te fais pas prier, Berthe.

BERTHE

Je veux bien, maman, mais je ne sais trop que chanter.

MADAME JOSSERAND

La première chose venue... Tiens! cette machine que tu déchiffrais ce matin.

BERTHE

Cette romance de Mireille... Je l'ai à peine lue, je ne sais si je pourrai...

TRUBLOT, bas.

Ah! tais-toi!... a octave.) Je la lui ai entendu chanter partout cet hiver.

MADAME JOSSERAND

C'est du Berlioz, mesdames.

Mireille! mais non, maman !

MADAME JOSSERAND

Ah ! je croyais !... (a octave.; Monsieur Mouret, vous serez content, je l'espère. Ma fille chante sans prétention, mais avec âme: oui, avec beaucoup d'âme!

TRUBLOT, bas.

Le COlip de la romance. Pendant ce temps, Bertfae s'est mise au

piano.)

HORTENSE, à Berthe.

Veux-tu que je tourne les pages?

MADAME JOSSERAND

Monsieur Mouret voudra bien prendre cette peine.

OCTAVE

Certainement.

MADAME JOSSERAXB, ù Berthe.

Allons, va, mon amour. Ne te trouble pas. Monsieur sera indulgent... (Bas.) Et sois aimable!

(Octave se tient debout près de Berthe, qui chante pour lui. avec une affectation romanesque. Les invités se sont de nouveau groupés et écoutent d'un air de ravissement outré. Auguste, d'abord appuyé au canapé, fait 1" tour, se rapproche peu à peu, comme attiré par le chant. i

BERTHE, chantant.

Trahir Vincent, vraiment, ce serait être folle ! Quand passe ie bonheur, s'il n'est pris, il s'envole.

A toi mon rêve !

Sur l'humble grève Tu me retiens, L'âme ravie, Et pour la vie, Dans ces doux liens !

A toi mon...

(S'interrompant. à Octave distraie.

Mais tournez donc, monsieur!

OCTAVE

Ah ! pardon, mademoiselle, (il tourne la pag^.)

BERTHE, continuant, très passionnée.

... àme.

Malgré leur blâme, Je suis ta femme, Je t'appartiens!

TOUS, applaudissant.

BravO ! braVO ! (Ils se lèvent et entourent Berthe.;

AUGUSTE, se pâmant.

Exquis, mademoiselle, exquis !

MADAME JOSSERAND

Et vous, monsieur Mouret, qu'en dites-vous?

OCTAVE

Jamais personne ne m'a fait tant de plaisir, madame.

(Il s'incline et va rejoindre Trublot.)

MADAME 10SSERAND, k part.

Il a l'air froid.

HORTBNSB, descendant de la salle à manger.

Maman, le Ihé est servi.

MADAME JOSSERAND

Mesdames, voulez-vous prendre une tasse de thé?... a josserand. Mon ami, offre donc le bras à madame Dulaurier... Hortense, Berthe. faites votre petit service.

IlJi'S chéries. Les invit-s passent Lentement dans la «aile à manger, oà oit le th^- servi.

DCLAURIKR, k Auguste,

Vous ne venez pas, Auguste?

auguste.

Non. tout à l'heure. Cette musique m'a porté à la tète. Voilà ma migraine qui me reprend.

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